Une commission du Parlement flamand se penchera ce jeudi 20 octobre sur la lutte contre la pauvreté, à la demande, entre autres, de la plateforme flamande du dialogue interconfessionnel.
Cette plateforme intitulée "Vlaamse Interlevensbeschouwelijke Dialoog", réunit les représentants des six religions reconnues en Belgique et de la laïcité organisée. Elle est explicitement soutenue par le gouvernement flamand. Mais Geert Bourgeois (N-VA) et ses collègues – dont la ministre compétente Liesbeth Homans (N-VA) - ne s’attendaient sans doute pas à la fermeté du communiqué du "Vlaamse Interlevensbeschouwelijke Dialoog", qui a annoncé la couleur en se disant "outré par la pauvreté croissante dans ce pays si riche", estimant que cette situation est "une violation de nos valeurs communes".
"Quinze pour cent de la population belge vit dans une situation de pauvreté", constate la plateforme flamande du dialogue interconfessionnel. "Partant de convictions différentes, toutes les confessions ainsi que la communauté non confessionnelle, représentées par cette plateforme s’accordent sur le fait que cette pauvreté croissante est inacceptable et que les autorités publiques ne peuvent pas confier la lutte contre la pauvreté à un système qui ne fonctionne pas suffisamment bien, dans la mesure où il maintient voire augmente les inégalités". Et d'ajouter: "Il nous faut dès lors construire un modèle économique et sociétal plus humain et plus solidaire." Cette déclaration n’est pas anodine, car la majorité flamande actuelle est tentée de privatiser la lutte contre la pauvreté, comme elle commence déjà à le faire à Anvers.
Le "Vlaamse Interlevensbeschouwelijke Dialoog" met trois objectifs en évidence. Primo, permettre à chacun de disposer de revenus au-delà du seuil de pauvreté. "Notre pays en a les moyens; le coût de la pauvreté ne pèse par ailleurs pas que sur les pauvres mais aussi sur la société en général.", souligne la paletforme. Secundo: les pauvres ne doivent pas être soutenus uniquement par des moyens financiers, mais aussi d’un point de vue psychologique et social, "par exemple en subventionnant davantage les initiatives qui permettent aux pauvres de s’exprimer". Enfin, les leaders interconfessionnels appellent les autorités flamandes à "rédiger un dispositif légal qui garantit les droits de base ; le droit au logement, le droit à la santé ou le droit au travail ne peuvent pas rester lettre morte!"
L’appel de la plateforme interconfessionnelle n’est pas seulement adressé aux autorités flamandes: "Tous les citoyens doivent se mobiliser contre la pauvreté en ayant une oreille attentive, en encourageant les pauvres dans leur lutte et en menant des actions. Beaucoup de citoyens s’engagent déjà dans la société civile pour accueillir, abriter, former et éduquer, soutenir et aider les pauvres, mais ce mouvement n’est pas encore suffisamment fort.Par ailleurs,le "Vlaamse Interlevensbeschouwelijke Dialoog" estime que l’action ne peut pas se limiter à la philanthropie. "Nous devons, ensemble avec les pauvres, lutter pour leurs droits sociaux, afin que chaque être humain devienne un acteur à part entière d’une société pour tous."
Benoit Lannoo
