Vénézuela: le saint-Siège propose sa médiation


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Vénézuela: le saint-Siège propose sa médiation
Par Jean-Jacques Durré
Publié le - Modifié le
4 min

manifestants_venezuelaLa situation économique et sociale du Venezuela se détériore de jour en jour, les biens de premières nécessités viennent à manquer. L’Eglise, depuis de longues semaines s’inquiète de la tournure des évènements. Elle se dit disponible pour une médiation.

Le Venezuela est empêtré depuis huit mois dans une profonde crise économique. Face à une inflation galopante et à une récession de plus accrue, à des pénuries de denrées alimentaires et de produits de premières nécessités comme les médicaments, le gouvernement du président Nicolas Maduro utilise les grands moyens. L’état d’urgence économique, en vigueur depuis le mois de janvier, est prolongé de deux mois, et l’armée, qui surveille déjà les supermarchés, gère désormais les ports et la distribution de nourriture. Du coup, les habitants franchissent les frontières des pays voisins pour s'approvisionner.

Parallèlement, la situation politique est bloquée, entre un pouvoir qui ne veut rien céder et se réclame de l’élection présidentielle de 2013 et une opposition devenue majoritaire à l’Assemblée nationale lors du scrutin de décembre 2015. Le dialogue entre les deux est rompu et le bras de fer engagé. L’opposition, qui profite de l’impopularité croissante de Nicolas Maduro, joue la carte du peuple. Un référendum révocatoire, prévu par la constitution "bolivarienne" du pays, pourrait avoir lieu d’ici quelques mois. En cas de succès, le président sera renvoyé et une nouvelle élection présidentielle convoquée, à condition que le référendum ait lieu avant janvier 2017.

Pressions sur l'Eglise

Signe des problèmes du pays, le diocèse de San Cristobal gère un séminaire de 350 étudiants. Ceux-ci sont forcés de rentrer plus tôt chez eux à cause des pénuries alimentaires. Plusieurs prêtres du diocèse de San Cristobal ont lancé un appel pour que soient créés des couloirs humanitaires afin de soulager la population qui souffre. En visite auprès de l’Aide à l’Eglise en Détresse (AED), le père Erwin Guerrero a rappelé l’urgence et la nécessité de soulager ces souffrances de la population vénézuélienne. Pour lui, le mal est encore plus grand, car l’État vénézuelien n’hésite pas à faire pression sur les structures d’Eglise en menaçant de révoquer leur financement. A ce stade, 900 institutions éducatives gérées par l’Église sont concernées. Le peuple vénézuélien voit pourtant dans l’Eglise l’institution la plus crédible pour faire face à la crise.

Le Saint-Siège suit depuis des semaines, avec préoccupation, cette la crise vénézuélienne, plusieurs fois ces derniers mois il s’est dit être disponible pour mener une médiation politique et contribuer au dialogue, mais aucune demande formelle de Caracas n’a encore été formulée. Cette proposition a été renouvelée par une lettre du cardinal Pietro Parolin, secrétaire d’Etat du Saint-Siège, à l’ex-président de la Colombie Ernesto Samper, actuel secrétaire général de l’Union des nations sud-américaines (UNASUR). "L’Eglise catholique est disponible pour contribuer à la résolution de la crise qui frappe le Venezuela", écrit le prélat, qui connaît bien le pays pour y avoir été nonce apostolique de 2009 à 2013.

En fait, la lettre date de la mi-août, mais elle a été révélée ce jeudi 15 septembre par un site italien. En écrivant à l’UNASUR, Mgr Parolin s'adresse à l'organisation qui mène depuis mai dernier une médiation internationale pour relancer le dialogue entre le gouvernement vénézuélien et l’opposition. Mais le cardinal Parolin a aussi posé les conditions du Saint-Siège en vue d’une participation à cette médiation. Les parties intéressées – gouvernement et opposition - doivent envoyer directement une invitation au Saint-Siège, et prendre la ferme décision d’initier formellement le dialogue. Ainsi le gouvernement vénézuélien et l’opposition seront les principaux responsables d’une telle invitation et seront plus réceptifs à accueillir les éventuelles suggestions du Saint-Siège, explique le numéro 2 du Vatican.

Dans sa lettre, le cardinal Parolin souhaite aussi que tous les habitants du pays, mais spécialement ceux qui ont plus directement dans leurs mains les destins de la patrie, dépassent les rivalités et hostilités politiques, se reconnaissent frères, et en cohérence avec leurs racines chrétiennes, s’engagent en faveur du bien commun et du progrès du pays.

Le 25 juillet dernier, Ernesto Samper, avait écrit une lettre au cardinal Parolin, en son nom et celui des trois anciens leaders politiques hispanophones, pour lui demander que le Saint-Siège fasse partie du groupe de ‘facilitateurs’ du dialogue entre le gouvernement et l’opposition.

J.J.D. (avec Radio Vatican et cath.ch-apic/imedia)

Catégorie : L'actu

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