Veillée JMJ: Le pape appelle les jeunes à quitter « le divan »


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Veillée JMJ: Le pape appelle les jeunes à quitter « le divan »
Par Christophe Herinckx
Journaliste de CathoBel
Publié le - Modifié le
6 min

Capture veilléeCe samedi soir, 30 juillet, le pape François a présidé la veillée des JMJ 2016, devant des centaines de milliers de jeunes réunis à Cracovie. La veillée s'est déroulée autour du thème "Le chemin vers Jésus". Le Saint-Père a, quant à lui, appelé la jeunesse à quitter "le divan" d'un confort fallacieux, à chausser des "crampons" pour "changer le monde", et à ouvrir son cœur à la miséricorde de Dieu.

Une très belle scénographie a été déployée autour de cinq notions, toutes reliées à la Miséricorde: la foi pour ceux qui doutent, l’espérance pour ceux qui se découragent, l’amour pour les indifférents, le pardon pour ceux qui ont fait du mal, et la joie pour les personnes tristes. Danse et théâtre ont rythmé le déroulement de cette première partie de soirée, autour d’une comédienne jouant le rôle de la sainte polonaise Soeur Faustine, apôtre de la divine miséricorde.

Trois jeunes ont également délivré leurs témoignages respectifs sur leurs parcours de foi, à partir de trois expériences de vie très différentes.

Une Polonaise de Łódź, Natalia, ancienne rédactrice en chef d’une revue de mode, a évoqué la façon dont elle avait renoué avec le sacrement de la réconciliation un Dimanche de la Divine Miséricorde, en 2012, après avoir passé 20 années loin de l’Eglise.

Une jeune Syrienne d’Alep a délivré un témoignage particulièrement émouvant, évoquant la mort de certains de ses amis dans la guerre qui ravage son pays, et particulièrement sa ville. Bénévole auprès de la communauté salésienne d’Alep, Rand, cette jeune fille de 26 ans a appelé les jeunes présents à "prier sérieusement" pour la paix dans son pays.

Enfin, un jeune Paraguayen d’Asuncion, Miguel, a livré un témoignage sur sa délivrance de la toxicomanie et de la délinquance, qui lui a valu plusieurs années de prison. Il a évoqué sa réinsertion grâce à la "ferme de l’Espérance", un organisme qui a pour but de permettre à d’anciens prisonniers de renouer la vie normale, grâce à l’expérience du pardon, et dont il a fini par prendre la responsabilité.

Contre la haine: la fraternité, la haine, la famille

Prenant ensuite la parole, Le pape François a longuement interpellé les jeunes, avec beaucoup d’énergie. Il leur a dit qu'ils peuvent donner un exemple aux adultes en mettant en action leur"liberté" et en résistant aux drogues, y compris les "drogues socialement acceptées", telle la consommation frénétique des jeux vidéo et des réseaux sociaux, une addiction qui avait d’ailleurs été l’objet du tableau sur "l’amour pour les indifférents", au début de la veillée.

Prenant appui sur le témoignage donné par la jeune Syrienne, le pape a rappelé que les jeunes participant aux JMJ viennent "de diverses parties du monde, de continents, de pays, langues, cultures, peuples différents". Il a évoqué, devant eux, les réalités de la guerre vécue par un grand nombre d'entre eux: "Nous sommes 'fils' de nations qui peut-être qui sont en train de discuter à cause de divers conflits, ou même sont en guerre. Pour d’autres, nous venons de pays qui peuvent être en ‘paix’, qui n’ont pas de conflits belliqueux, où beaucoup des choses douloureuses qui arrivent dans le monde font seulement partie des nouvelles et de la presse. Mais nous sommes conscients d’une réalité : pour nous, aujourd’hui et ici, provenant de diverses parties du monde, la douleur, la guerre que vivent de nombreux jeunes, ne sont plus une chose anonyme, elles ne sont plus une nouvelle de la presse, elles ont un nom, un visage, une histoire, une proximité.»

"Il y a des situations qui peuvent nous paraître lointaines jusqu’à ce que, de quelque manière, nous les touchions", a poursuivi le Saint-Père. "Il y a des réalités que nous ne comprenons pas parce nous ne les voyons qu’à travers un écran (du téléphone portable ou de l’ordinateur). Mais lorsque nous entrons en contact avec la vie, avec ces vies concrètes non plus médiatisées par les écrans, alors il nous arrive quelque chose de fort", a lancé le pape, qui a appelé fermement à dépasser toute logique de vengeance.

"Nous, nous ne mettrons pas à crier contre quelqu’un, nous ne mettrons pas à nous quereller, nous ne voulons pas détruire", a encore dit François. "Nous, nous ne voulons pas vaincre la haine par davantage de haine, vaincre la violence par davantage de violence, vaincre la terreur par davantage de terreur. Et notre réponse à ce monde en guerre a un nom : elle s’appelle fraternité, elle s’appelle lien fraternel, elle s’appelle communion, elle s’appelle famille."

Le pape a évoqué l’expérience des apôtres lors de la Pentecôte, qui avaient su dépasser leur peur pour recevoir l’Esprit Saint. "Lorsque la peur se terre dans la fermeture, elle est toujours accompagnée de sa 'sœur jumelle', la paralysie; nous sentir paralysés. Sentir qu’en ce monde, dans nos villes, dans nos communautés, il n’y a plus d’espace pour grandir, pour rêver, pour créer, pour regarder des horizons, en définitive pour vivre, est l’un des pires maux qui puissent nous affecter dans la vie. La paralysie nous fait perdre le goût de savourer la rencontre, de l’amitié, le goût de rêver ensemble, de cheminer avec les autres".

Quitter son divan... pour ne pas perdre sa liberté

Avec des mots très directs, le pape a encore invité à ne pas confondre le bonheur avec un confortable "divan"... car, "quand nous choisissons le confort, en confondant bonheur et consumérisme, alors le prix que nous payons est très, mais très élevé: nous perdons la liberté." Il a rappelé que "Jésus est le Seigneur du risque, du toujours ‘au-delà’. Jésus n’est pas le Seigneur du confort, de la sécurité et de la commodité".

Il a donc invité les jeunes à "aller par les routes en suivant la ‘folie’ de notre Dieu qui nous enseigne à le rencontrer en celui qui a faim, en celui qui a soif, en celui qui est nu, dans le malade, dans l’ami qui a mal tourné, dans le détenu, dans le réfugié et dans le migrant, dans le voisin qui est seul." "Aller par les routes de notre Dieu qui nous invite à être des acteurs politiques", a continue le Saint-Père, "des personnes qui pensent, des animateurs sociaux. Il nous incite à penser à une économie plus solidaire. Dans les milieux où vous vous trouvez, l’amour de Dieu nous invite à porter la Bonne Nouvelle, en faisant de notre propre vie un don fait à lui et aux autres", a insisté le pape.

"Lui, qui est la vérité, t’invite à abandonner les routes de la séparation, de la division, du non-sens", a-t-il martelé, semblant s'adresser individuellement à chacun des jeunes présents.

Enfin, la veillée s’est poursuivie avec le temps de l’adoration du Saint-Sacrement, dans un silence impressionnant observé par les centaines de milliers de jeunes présents, portant des lumignons.

Source: Radio Vatican

Photo: La jeune Syrienne Rand livrant son témoignage au cours de la veillée. Capture KTO.

Catégorie : Eglise Belgique

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