Des délégués de la Conférence des Eglises européennes (COMECE) et de la Commission des épiscopats de la Communauté européenne (KEK) ont rencontré le 12 juillet à Bratislava le Secrétaire d'Etat slovaque aux affaires européennes, Ivan Korcok. Au centre des discussions: la situation actuelle de l'Union Européenne suite au "Brexit", la crise migratoire mais aussi les politiques en matière d’aide au développement et de paix, et du soutien aux familles.
Depuis le 1er juillet et jusqu'au au 31 décembre 2016, c'est la Slovaquie qui assure la présidence du Conseil de l'UE, à ne pas confondre avec la présidence du Conseil européen. Depuis l'entrée en vigueur du traité de Lisbonne, l'ancienne présidence du Conseil est scindée en deux: le président du Conseil européen et la présidence tournante du Conseil de l'Union européenne (Conseil des ministres), auxquels on peut ajouter la présidence du Conseil Affaires étrangères, désormais assurée par le haut-représentant de l'UE.
C'est dans le cadre de cette présidence slovaque que des délégués de la Conférence des Eglises européennes (COMECE) et de la Commission des épiscopats de la Communauté européenne (KEK) ont rencontré le Secrétaire d'Etat slovaque aux affaires européennes, Ivan Korcok. Celui-ci a salué la contribution des Eglises à différents niveaux pour l’ensemble de la société européenne. Michael Kuhn, secrétaire général ad interim de la COMECE a annoncé le lancement d'un processus de réflexion dont le point d’orgue sera un congrès en 2017 sur l'intégration européenne, le développement de la démocratie et les nouveaux défis pour l'UE. La KEK a, elle, présenté sa récente lettre ouverte "Quel avenir pour l'Europe?", qui invite à façonner le continent comme une maison commune.
Eviter une nouvelle tragédie humaine
Concernant le dossier migratoire, les représentants des Eglises ont rappelé que les personnes vulnérables devaient bénéficier d’un traitement humain, insistant sur la nécessité d’une solidarité entre les Etats membres de l'UE. Une révision du règlement de Dublin, le traitement des causes profondes de cette crise, ainsi qu’une réponse coordonnée de l'UE sont nécessaires pour éviter une nouvelle tragédie humaine, ont-ils affirmé.
Cette rencontre a également permis aux Eglises de réaffirmer leur conviction commune en ce qui concerne la protection des familles qui doivent devenir une priorité majeure de l’UE.
"La crise du Brexit doit devenir une opportunité"
De son côté, le secrétaire d’Etat du Saint-Siège, le cardinal Pietro Parolin, a souhaité, à propos du Brexit, que "ce moment de crise se transforme en opportunité en vue d’une réflexion plus profonde", en Europe.
Alors que certains "demandent plus d’Europe" et d’autres au contraire "des structures supranationales plus proches des exigences de la population" avec "plus d’espace pour chaque Etat", le Brexit a représenté "une grosse secousse" pour le Vieux continent. C’est ce que confie le secrétaire d’Etat du Saint-Siège dans une interview publiée le 13 juillet 2016 par L’Osservatore Romano.
"Nous sommes dans une période historique particulière où, de nombreuses parts, on demande que l’Europe soit pensée à frais nouveau", commente le cardinal Pietro Parolin. "Il existe diverses instances qui doivent réfléchir", explique le haut prélat, souhaitant que "ce moment de crise se transforme en opportunité en vue d’une réflexion plus profonde", et avec l’aide des Eglises et communautés chrétiennes.
J.J.D. (avec Radio Vatican/cath.ch-apic/imedia)
