C’est le journal Le Soir qui publie ces chiffres, entre 2004 et 2015, la pauvreté des seniors est passée de 21% à 15% et rejoint ainsi la moyenne de toutes tranches d’âge confondues.
Ces chiffres proviennent de l’enquête réalisée par le SPF Economie sur les revenus et les conditions de vie 2015 (EU-SILC). Chaque année, l’étude est menée auprès de 6.000 ménages belges et ce depuis 2014. Et les résultats sont sans appel puisque la pauvreté chez les seniors, âgés de plus de 65 ans, est passée de 21% à 15%, tout en ayant connu un pic à 23% en 2006.
On peut expliquer cette diminution de près d’un tiers par plusieurs raisons:
- La première raison, selon la direction générale des Statistiques, c’est que de nos jours, les femmes participent de plus en plus au marché du travail. Et Stephan Moens, le porte-parole du SPF Economie précise que parmi les femmes qui arrivent aujourd’hui à la pension, il y en a davantage qui ont travaillé par rapport à celles qui étaient pensionnées il y a dix ans.
Philippe Defeyt, de l’Institut pour un développement durable et ancien directeur du CPAS de Namur, explique cette diminution par le fait qu’aujourd’hui, le décès des personnes très âgées qui touchaient des pensions très basses permet à des jeunes pensionnés de jouir de pensions plus élevées.
- Autre raison, et ce depuis plusieurs années, les pensions minimum ont été revalorisées. Le SPF vise ici ce qu’on appelle la «liaison pension» qui est attachée à l’enveloppe bien-être. Lorsque les salaires sont indexés, les revenus sociaux tel que par exemple le CPAS le sont également. Les plus petites pensions sont donc alignées.
- Et enfin dernière raison, Philippe Defeyt rappelle qu’il ne faut pas oublier que le taux de pauvreté monétaire est calculé en termes relatifs, et est obtenu par le calcul du revenu médian. Donc, il ne s’agit pas d’une moyenne, mais du revenu qui se situe «au milieu» de l’échelle, entre le revenu le plus bas et le revenu le plus élevé d’une société.
Selon l’enquête SILC de 2015, aujourd’hui ce n’est donc pas les seniors qui constituent le public le plus fragile mais bien les familles monoparentales et les chômeurs.
N.C.
