Dans son homélie du jour de Pâques, l'archevêque de Malines-Bruxelles, Mgr Jozef De Kesel a redit toute sa tristesse à la suite des attentats dont notre pays a été victime, estimant "qu'après ce qui s’est passé dans notre ville il y a quelques jours, nous ne pouvons pas célébrer la fête de Pâques comme d’habitude".
Il a fait un parallèle entre le Christ mort et ressuscité, célébré en ce jour de Pâques, et "tous ceux et celles qui sont morts, eux aussi victimes d’une violence arbitraire", en qui Mgr De Kesel a dit reconnaître le Christ. "Comment résister à l’angoisse? Quand le Christ avait été condamné à mort, puis mis au tombeau, les disciples eux aussi étaient désemparés et angoissés. Et pourtant, c’est le message de Pâques, leurs yeux se sont ouverts, ils ont rencontré le Vivant. Alors, tout a commencé. Ce qui est impossible Dieu l’a fait: la mort est vaincue. Vaincu tout ce qui mène à la mort. Il est ressuscité. Impossible à expliquer, à peine croyable".
Voir avec les yeux de l'amour et de la foi
Revenant sur l'évangile du jour, qui raconte comment Marie-Madeleine, tôt le matin, arrive au tombeau et voit que la pierre a été roulée, il a insisté sur le fait que ni Marie-Madeleine ni Simon-Pierre ne parviennent à y croire. "C’est l’autre disciple, qui entre et dont il est dit: 'Il vit et il crut.' On l’appelle le disciple bien-aimé. Il voit avec les yeux de l’amour."
Et Mgr De Kesel de poursuivre: "Il en est bien ainsi. Croire en Jésus ressuscité, cela ne peut se concevoir qu’avec les yeux de la foi. On ne peut pas le constater. Jésus n’est pas revenu à notre existence terrestre. Il n’est pas revenu, mais nous précède, entrant dans la plénitude de la vie, en Dieu. Et c’est précisément ce que nous attendons pour nous-mêmes. C’est l’espérance qui habite notre cœur. Car Dieu n’a pas réservé cette plénitude de vie seulement à son Fils. Il veut aussi nous la donner à tous, à nous et à toute sa création: vie nouvelle et impérissable".
Il a souligné que c'était là l'espoir de Pâques. Un espoir hélas difficile à appréhender en ces moments douloureux où tant de gens souffrent, a poursuivi l'archevêque, rappelant que ce qui est arrivé à Zaventem et "au cœur de notre ville, défie tout entendement". Il a précisé que nous savions que cela pouvait arriver, même avec les mesures de sécurité prises. Mais, a-t-il dit, lorsque cela se produit chez nous, dans des endroits que nous connaissons bien, nous nous rendons compte de ce que cela signifie et nous avons de la colère face à cette souffrance insensée.
"Pâques est la fête de la victoire sur la colère. C'est la fête de l'espoir. Un espoir qui est menacé, mais qui nous oblige à résister à la détresse. C'est la force de la foi qui ne cède pas à la peur", a encore souligné le président de la Conférence épiscopale.
Et Mgr De Kesel de conclure: "Rendons grâce à Dieu pour la foi que nous avons reçue. Elle nous invite à suivre Jésus et à vivre selon l’évangile. Elle est source de joie. Non pas une joie à bon marché, mais une joie qui garde l’espérance et la confiance, au milieu des circonstances difficiles de la vie. Elle nous donne la force et le courage de nous engager pour une société plus humaine et plus fraternelle. Cela ne va plus de soi d’être chrétien. Et beaucoup s’en écartent effectivement. Mais quand elle est vécue avec conviction et en toute vérité, la foi donne beaucoup de fruits. C’est ce que je vous souhaite en cette fête de Pâques: que le Christ ressuscité vous aide à résister au mal et à vivre en enfants de Dieu, animés de l’Esprit de Dieu, Esprit de paix et d’humanité véritable."
J.J.D.
