RD Congo : le nonce apostolique et Ban Ki-Moon en visite dans l’Est


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RD Congo : le nonce apostolique et Ban Ki-Moon en visite dans l’Est
Le nonce apostolique accueilli par le représentant de l'ONU en RD Congo
Par Jean-Jacques Durré
Publié le - Modifié le
5 min

Le nonce apostolique accueilli par le représentant de l'ONU en RD Congo

Le nonce apostolique accueilli par le représentant de l'ONU en RD Congo

L'est de la République démocratique du Congo (RDC) reste une région dangereuse, où les populations souffrent des exactions de groupes armés. L'Ambassadeur du Vatican en RDC, Mgr Luis Mariano Montemayor, a visité la région pour compatir avec les populations. Il a été suivi par le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon.

Pendant quatre jours, à la mi-février, le nouveau Nonce apostolique en RD Congo - il a été nommé en juin 2015 par le pape François, Mgr Montemayor s'est rendu dans l'est du pays, accompagné par le représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies en RDC, Maman Sambo Sidikou. Ils ont séjourné à Goma et à l’intérieur de la province du Nord-Kivu. Dès sa descente d’avion, le Nonce apostolique a déclaré "être venu compatir avec les populations du Nord-Kivu, qui vivent une insécurité permanente et se rendre compte du travail de la Monusco sur le terrain".

On le sait, depuis des années, la région est réputée dangereuse, compte tenu des groupes armés qui, régulièrement, rançonnent les populations et commettent des exactions. Des groupes qui viennent de l'Ouganda, des rebelles rwandais du FDLR et des milices Interahamwe. Dans ce contexte tendu, le maintien ou non de la mission de l'ONU en RDC (Monusco) est devenu un sujet sensible, d'autant que son mandat arrive à expiration. D'où la question: faut-il proroger une nouvelle fois cette mission? Le Nonce apostolique a indiqué que le pape François tenait à la présence de la mission onusienne dans l’Est de la RDC. "La première chose, c’est compatir avec la population qui a beaucoup souffert des affres des violences ces derniers mois et aussi prendre le contact direct avec la Monusco. C’est pour connaître le personnel, les activités et faire aussi le terrain; parce que le Saint-siège considère comme essentielle la présence de la Monusco dans la région jusqu’à ce que toutes les violences soient finies et l’intégrité physique de la population assurée", a déclaré Mgr Montemayor qui a par ailleurs appelé les habitants de cette région à la patience. "Ils ne sont pas oubliés", a-t-il souligné.

Le Congo n'est pas oublié par l'Eglise

"On travaille pour eux, pour améliorer leur situation. Je suis sûr que le nouveau chef de la Monusco va mettre en place toutes les mesures nécessaires pour rendre la Monusco plus capable de protéger et d’assister la population", a poursuivi l’ambassadeur du Vatican en RDC, qui ne souhaite pas que la Monusco se retire de la RDC en laissant un vide. "La Monusco doit se retirer. Il n’y a pas de question sur ça. Mais pas en laissant un vide. En laissant une structure de l’Etat recomposée et capable d’assumer sa fonction de protéger ses citoyens", a-t-il souligné.

Mgr Luis Mariano Montemayor a exprimé la volonté du Saint-Siège de soutenir la Monusco à assurer l’intégrité physique de la population et la capacité de développement d’une vie normale. Il a également recommandé aux politiques congolais de s’intéresser davantage aux problèmes de base de la population. Ceci, après avoir constaté la vulnérabilité de la population et les efforts personnels de prise en charge à Kitshanga, dans le Masisi.

"Le Congo, pour l’Eglise catholique, pour le Saint père et pour le Saint-siège, n’est pas oublié. Pour nous, c’est stratégique. On a trente-trois millions des catholiques au Congo ou peut-être plus. La question de la stabilité et de développement du Congo c’est une question de famille", a poursuivi Mgr Luis Mariano Montemayor.

Dans sa tournée au Nord-Kivu, l’ambassadeur du Vatican en RDC était accompagné du représentant spécial du secrétaire général de l’Onu en RDC, Maman Sidikou.

De son côté, le patron de la mission onusienne a annoncé pour bientôt la reprise des opérations conjointes entre les FARDC (Forces armées congolaises et la Monusco).

Dans la foulée du déplacement du nonce apostolique, la région du Nord-Kivu a aussi reçu la visite du secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, qui s'était rendu au Burundi pour tenter de relancer le dialogue entre le pouvoir et l'opposition. Ban Ki-moon s'est rendu dans la localité de Kitshanga qui regorge de milliers de déplacés. Sur place, il a souligné aussi la nécessité de collaboration entre les Forces armées de la RDC et la Mission de l’ONU.

Conditions préoccupantes

Pour le numéro un des Nations Unies, cette collaboration est nécessaire pour que la sécurité et l’autorité de l’Etat soient rétablies partout en RDC et que tous les déplacés retournent chez eux.

La localité de Kitchanga abrite le site des déplacés de Mungote, le plus vieux camp des déplacés de la région. Il héberge environ 3.700 ménages des déplacés. Ban Ki-moon a notamment visité la boulangerie des femmes déplacées et le projet de fabrication des briquettes. Il s’agit de projets appuyés par les agences des Nations Unies dont le Haut Commissariat aux Réfugiés (HCR) pour permettre à ces femmes de se prendre en charge et protéger l’environnement. A la fin de sa visite, le secrétaire générale de l’ONU a estimé que les conditions humanitaires des déplacés de Mungote dans la localité de Kitshanga est préoccupante. Pour le patron de l’ONU, le rétablissement de la sécurité dans la région de Masisi est plus que nécessaire en vue de permettre le retour de ces déplacés dans leurs milieux respectifs.

J.J.D. (Avec Monusco et Radio Okapi)

Catégorie : International

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