Ouverture du procès de Rita Henkinet


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Ouverture du procès de Rita Henkinet
Par Pierre Granier
Journaliste de CathoBel
Publié le
2 min

Liege-courd'assiseC’est aujourd'hui que s'est réellement ouvert le procès de Rita Henkinet (et de son frère Benoît) pour assassinat de ses deux enfants handicapés. Si la séance a été temporairement interrompue par un incident de procédure, la question de fond demeure: l'amour, la dignité peuvent-ils être défendus pour "justifier" l'acte ultime comme le plaide la mère? Délicate question pour le jury.

Audrey avait 26 ans et son frère Arnaud 24. Tous deux handicapés mentaux, leur vie se partageait entre le centre Thiniheid de Stembert et le domicile de leur mère, Rita Henkinet, qui les élevait seule. Dans la nuit du 1er au 2 mars 2013, cette ancienne infirmière a décidé de mettre fin à leurs jours. Elle estimait devoir mettre un terme à leurs souffrances... Autrement dit, accéder en quelque sorte à une demande d'euthanasie qu'ils étaient incapables de formuler vu leur handicap.
Après leur avoir fait absorber un cocktail de médicaments, elle avait ensuite étouffés ses deux enfants à l'aide de couvertures. Puis avait tenté de se suicider en avalant un mélange de médicaments et d'alcool. Sur une autre feuille, elle avait écrit: "Par Amour, par Respect, pour la Dignité, pour la Vie. Rita Henkinet, Audrey, Arnaud Granville." Et expliquait qu’elle ne voulait "pas de fleurs, de couronne, de plaque", mais une simple pensée.
Inconsciente, elle a été retrouvé par son frère Benoît Henkinet , qui l'avait toujours soutenue dans ses difficultés et était au courant de ses projets funestes. Avant de prévenir les secours, il avait fait venir son frère et sa sœur et leur père. Rita Frankinet sortira du coma au bout de 9 jours. En aveux, elle passera ensuite quatre mois en prison.
La voilà désormais devant le jury (8 femmes et 4 hommes) de la Cour d'assises de Liège, avec son frère, pour un procès dans lequel il s'agira de ne pas mélanger la compassion et l'acceptation d'un acte que rien ne peut justifier. Mais plutôt de montrer un visage d'humanité tout en rappelant haut et fort l'impérieuse nécessité de protéger les plus vulnérables d'entre nous.
Dans cette affaire, c'est une nouvelle fois le miroir de notre société et de ses tentations mortifères qui sera ainsi tendu.

P.G.


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