
Adapté de faits réels, Spotlight retrace la fascinante enquête d'une équipe de journalistes du Boston Globe sur la manière dont l’Eglise Catholique a protégé pendant des décennies les personnalités religieuses, juridiques et politiques les plus en vue de Boston. Leurs investigations déclencheront par la suite une vague de révélations dans le monde entier.
Ce film ramène à la mémoire de pénibles et douloureux souvenirs relatifs aux scandales de pédophilie dans le clergé catholique. Ceux-ci ont été révélés depuis plusieurs années, ont fait la Une de la presse, la honte de nombreux fidèles et ont jeté le discrédit sur l’Eglise catholique. Toutes ces choses sont connues pour le meilleur (la protection et la reconnaissance des victimes) et le pire (l’importance du scandale et la chape de silence des responsables). Aux Etats-Unis, notamment, cela a même conduit à la faillite de certains diocèses.
Mais Spotlight n’est pas tant la dénonciation de la pédophilie dans l’Eglise catholique que le récit d'une enquête quasi policière. Le résultat étant connu, est-ce qu’il y a un intérêt à raconter cette histoire et à la voir au cinéma puisque le suspens est réduit à néant? Oui, plus que jamais. D'abord, pour ne pas occulter des pages sombres de notre histoire que d’autres films ont révélées, mais aussi parce que ce film nous révèle les conditions d’une enquête qui n’était pas certaine d’être menée à terme. Nous sommes typiquement dans un film de type policier, mais où les investigateurs sont des journalistes comme dans Les Hommes du président (réalisé par Alan J. Pakula en 1976).
La suite de l'article signé Charles De Clercq sur le site cinecure.be
P.G.
