L’archevêque d’Alep demande à ne pas encourager le départ des chrétiens syriens


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L’archevêque d’Alep demande à ne pas encourager le départ des chrétiens syriens
Par Jean-Jacques Durré
Publié le
3 min

Mgr Jeanbart_AlepDe passage à Paris, Mgr Jean-Clément Jeanbart, archevêque grec-melkite d'Alep, a lancé un appel pour aider les chrétiens à rester en Syrie, malgré leur émigration continue. Il a accordé une interview au magazine La Vie.

Mgr Jeanbart a fait le déplacement dans la capitale française pour participer à la Nuit des témoins organisée par l'Aide à l'Eglise en détresse (AED) et qui se déroule dans cinq villes de France, depuis le 29 janvier. Dans l'interview accordée à Laurence Faure, il décrit la situation quotidienne des Syriens. "Depuis le début de la guerre, il y a plus de cinq ans, les institutions officielles, hôpitaux et écoles ont été détruits ou gravement endommagés", dit-il alors que l'AED estime que 25% des écoles, mais aussi plus de la moitié des hôpitaux et quelque 150 églises et 1.400 mosquées ont été détruites. L'archevêque grec-melkite rappelle qu'à Alep, la majorité des usines ont été rasées et que la grande centrale électrique de la région est aux mains de l'opposition, ainsi que le barrage de l'Euphrate. "Nous n'avons donc pas d'électricité. Pas d'eau courante non plus. S'il est encore possible de vivre de l'agriculture, le problème majeur reste l'acheminement des denrées et la communication entre les villes".

"Favoriser l'accueil n'est pas une solution"

Dans une ville peuplée de 74% de sunnites et de 16% de chiites, selon l'AED, toute la population civile souffre, souligne Mgr Jeanbart. "Mais les chrétiens sont plus fragilisés par leur statut de minorité". Avant la guerre, ils étaient environ 2 millions, soit 10% de la population et d'après l'AED, leur nombre a chuté de deux-tiers environ: ils seraient actuellement 4% des 22 millions d'habitants. "De ce fait, les chrétiens sont plus précaires sur le terrain et plus enclins à partir à l'étranger, d'autant que leur culture chrétienne leur donne un attrait supplémentaire pour l'Europe et une capacité d'adaptation pour s'y intégrer plus facilement. La montée de l'islam fondamentaliste les pousse aussi à questionner la légitimité de leur présence sur place. L'émigration de familles entières de nos communautés s'est encore accentuée depuis deux mois. Plusieurs pays occidentaux ont récemment favorisé l'accueil des régugiés chez eux, comme le Canada ou la Belgique. Mais ce n'est pas une solution", ajoute l'archevêque grec-melkite d'Alep.

Il lance dès lors un appel face à cette situation: "N'encouragez pas les départs de nos fidèles. Des choses se passent pour l'issue de la guerre. Aujourd'hui, il y a une prise de conscience internationale sur ce jeu qui ne peut plus continuer. Nous devons être aidés à rester chez nous en soutenant nos projets".

Mgr Jeanbart dit encore ne pouvoir que souhaiter que le plan de paix réussisse. "La meilleure solution est une solution d'entente nationale, de réconciliation et de dialogue avec tous ceux qui veulent le bien du pays".

J.J.D.

Lire l'interview complète de Mgr Jeanbart en cliquant ici

 

Catégorie : International

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