Coup d’arrêt pour la Maison Shalom au Burundi


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Coup d’arrêt pour la Maison Shalom au Burundi
Par Jean-Jacques Durré
Publié le - Modifié le
2 min

B.P-Maggy B_1667 copyrightAprès avoir été elle-même tentée en pleine guerre (1993) de défendre au péril de sa vie des Hutus contre des membres de son ethnie, Maggy Barankitse a accueilli, éduqué, et par-dessus tout, aimé des dizaines de milliers d’enfants orphelins, de rue, sidéens… de toutes ethnies.

Ses projets, largement soutenus par la communauté internationale et spécialement par la Belgique, s’étaient élargis depuis Ruygi à la frontière tanzanienne, à l’ensemble de la population avec un hôpital de référence, une école d’infirmières, des formations techniques, des coopératives agricoles, des microcrédits ou encore des lieux de rencontre. Ils avaient pour nom, la Maison Shalom et pour message, l’amour. Car Maggy Barankitse était - et reste - la voix qui continue de dire courageusement aux Burundais que «la haine n’aura pas le dernier mot».

Fin avril, lors de la violente répression des manifestations citoyennes contre la présentation anticonstitutionnelle de Pierre Nkurunziza à un troisième mandat présidentiel, «l’ange du Burundi» avait crié son indignation et appelé au respect des droits de l’homme et en particulier, des mineurs. Elle avait osé enterrer un des enfants, tué par la police, alors qu’il ne présentait aucun danger, sur le pas de la porte de la maison familiale. Et puis, elle avait été visiter, nourrir des mineurs emprisonnés ou hospitalisés.

Deux mois plus tard, elle était acculée à fuir le pays, après avoir vu son nom en tête de la liste noire du régime. Voici peu, les comptes de la Maison Shalom comme les siens ont été bloqués. Et ce 23 novembre, une sinistre ordonnance du Ministère de l’Intérieur «et de la formation patriotique» (sic) est venue s’ajouter aux scellés placés sur la maison de la paix: «… vu le rapport de la commission d’enquête chargée de mettre en lumière le mouvement insurrectionnel, vu l’ouverture d’un dossier répressif et l’impérieuse nécessité de préserver l’ordre et la sécurité», les activités de dix organisations de la société civile dont la Maison Shalom et l’ACAT (action des chrétiens contre la torture) sont «provisoirement suspendues jusqu’à la clôture définitive de la procédure judiciaire.»

L’hôpital de référence du pays comme tous les projets se voient arrêtés, des écoles fermées, des centaines de personnes sans travail et des dizaines de milliers de vie bouleversées.

Plus inquiétant encore, Maggy Barankitse voit son portrait mis en parallèle avec celui d’Hitler sur des pancartes ou un site lié au régime. «Nous sommes et restons toujours debout malgré tout ça», dit un représentant de la Maison Shalom.

Béatrice Petit

© Photo: B. Petit

Catégorie : International

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