Alors que l’Eglise catholique vient de refermer les portes du Synode des évêques sur la famille, un autre synode s’est ouvert samedi dernier au Vatican, celui de l’Eglise chaldéenne, une des Eglises orientales, dirigée par Sa Béatitude Louis Raphaël Ier Sako (photo).
Vingt-et-un évêques chaldéens venus d’Irak, du Moyen-Orient et de la diaspora, notamment des Etats-Unis, du Canada et d’Australie, ont été convoqués jusqu’au 29 octobre pour la tenue de leur Assemblée synodale. Le Synode de l’Eglise chaldéenne devait initialement se tenir fin septembre à Erbil, au Kurdistan irakien où ont été accueillis de nombreux chrétiens chassés de la plaine de Ninive par l’Etat islamique, mais il avait été repoussé en raison des tensions entre le Patriarche et un évêque de la diaspora américaine à propos des prêtres et religieux irakiens qui ont fui le pays sans l’autorisation de leurs supérieurs pour aller s’établir en Occident. Le Patriarche Mgr Louis Raphaël I Sako a demandé l’arbitrage du pape.
Selon l'agence Fides, les participants à ce synode chaldéen chercheront à favoriser l’unité et la communion entre les diocèses, à l’intérieur et à l’extérieur du territoire irakien. Les évêques discuteront également de la situation tragique qui prévaut au Moyen-Orient et en particulier des dizaines de milliers de chrétiens en fuite. Ils devront s’entendre sur une gestion efficace et transparente des fonds destinés à la prise en charge des réfugiés. L’urgence de favoriser la participation des laïcs à la vie ecclésiale grâce à la mise en valeur des conseils paroissiaux sera par ailleurs abordée. Enfin, les responsables de l’Eglise chaldéenne sont invités à dresser le bilan de la période écoulée depuis l’élection de Mgr Sako.
Recevant lundi les participants à ce synode, le pape François est tout d’abord revenu sur la situation qui prévaut tout particulièrement en Irak, cœur géographique de l’Eglise chaldéenne: une situation "gravement compromise par la haine fanatique du terrorisme qui continue de provoquer une forte hémorragie de fidèles qui s’éloignent des terres de leurs pères." Il a ensuite abordé les problèmes internes à cette Eglise, minée par ces difficultés politiques.
La guerre qui ravage le Proche-Orient a des répercussions très graves sur l’Eglise chaldéenne. Le pape François en a bien conscience, lui qui exhorte une nouvelle fois la communauté internationale à "adopter toutes les stratégies valides afin de promouvoir la paix dans des pays terriblement dévastés par la haine". Une haine qui pousse tant de chrétiens à "abandonner l’Irak et le Proche-Orient".
C’est le développement de cette diaspora, dont les fidèles "sentent le désir de rester ancrés dans leurs propres racines et de s’insérer dans de nouveaux contextes", qui crée de nouveaux défis à l’Eglise chaldéenne. Le pape encourage les membres du Synode chaldéen à "être paternels avec les prêtres et avec tous les consacrés qui sont [leurs] premiers collaborateurs, et, dans le respect de la tradition et des normes, à être accueillants envers eux, bienveillants et compréhensifs envers leurs besoins, et les rendant toujours plus conscients des exigences de leur ministère au service des fidèles." C’est la seule voie, affirme le pape, qui permette à cette Eglise de "combler les distances qui séparent et de discerner les réponses" à ses "urgences actuelles", que ce soit en Irak ou dans la diaspora.
François invite également les pères synodaux à agir avec "miséricorde, humilité, et patience" afin d’agir en "communion". Il les exhorte aussi à "agir inlassablement comme des constructeurs d’unité dans toutes les provinces de l’Irak, favorisant le dialogue et la collaboration entre tous les acteurs de la vie publique, contribuant à guérir les divisions et empêchant que n’en surgissent d’autres."
Avec Radio Vatican
