Bosnie-Herzégovine: Les catholiques de la Republika Srpska luttent pour leur existence


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Bosnie-Herzégovine: Les catholiques de la Republika Srpska luttent pour leur existence
Par La rédaction
Publié le - Modifié le
3 min

République serbe de BosnieLes catholiques expulsés de leurs terres par les forces serbes durant la guerre qui a ensanglanté la Bosnie-Herzégovine de 1992 à 1995, ne peuvent toujours pas rentrer chez eux dans ce qui est devenu la Republika Srpska (appelée aussi République serbe de Bosnie, elle fait partie de la Bosnie-Herzégovine, et se différencie de sa voisine la République de Serbie). "Les catholiques ne sont plus que 7.000, soit moins du dixième de la population catholique présente dans la région de Banja Luka avant ’l’épuration ethnique’... Il n’y a aucune volonté politique de laisser revenir les Croates", déplore Mgr Franjo Komarica, évêque de Banja Luka, la capitale des Serbes de Bosnie.

Pour rappel, depuis la guerre de 1992 jusqu’à la cessation des hostilités suite aux Accords de Dayton de fin 1995, 2,68 millions de personnes, soit 59,6% de la population totale de la Bosnie-Herzégovine a été déplacée à l’intérieur du pays, ou réfugiée hors du pays, selon le rapport sur les droits humains de la Commission "Justice et Paix" de la Conférence des évêques de Bosnie-Herzégovine.

"Il s’agit pour nous d’une lutte pour l’existence des catholiques dans notre pays… Le gouvernement de la Republika Srpska (RS) propose d’étatiser les biens de ceux qui ont été chassés, pour passer d’un état de fait à un état de droit", dénonce l’évêque de Banja Luka. "Il s’agit d’effacer toute présence et toute mémoire de la présence catholique dans ces lieux. C’est pour cela que l’on a détruit ici systématiquement, et en dehors de tout combat, églises et monastères, dynamités, rasés au sol. Cela faisait partie d’un programme bien élaboré; les forces serbes ont fait de même avec les mosquées…"

La population des catholiques de Bosnie-Herzégovine est à plus de 90% croate, tandis qu’une petite proportion appartient à d’autres minorités comme les Tchèques, les Italiens, les Polonais, les Ukrainiens, les Slovaques, les Ruthènes, les Allemands, les Autrichiens, etc.
"Ce qu'on entend à la télévision, observe Mgr Komarica, que cherchent les catholiques en RS ? Ils ont déjà la Croatie! Les politiciens locaux ne font rien pour le retour de nos fidèles, bien au contraire… Et Sarajevo n’entreprend rien non plus pour les Croates de la RS, le gouvernement de la Fédération croato-musulmane ne travaille que pour la majorité ethnique, c’est-à-dire pour les musulmans".

Mgr Komarica vit au coeur de la République serbe de Bosnie, qui, avec la Fédération croato-musulmane, compose la Bosnie-Herzégovine. Il fustige les Accords de Dayton du nom de la base aérienne près de Dayton, (Ohio), où se sont déroulées en 1995 des négociations visant à mettre fin à la guerre qui ravageait la Bosnie-Herzégovine depuis 1992. Ces accords prévoyaient une partition de la Bosnie-Herzégovine à peu près égale entre la Fédération de Bosnie et Herzégovine (croato-bosniaque) et la République serbe de Bosnie (Republika Srpska), ainsi que le déploiement d’une force de paix multinationale, l’IFOR. " Imposés par la communauté internationale, ils ont légalisé l’épuration ethnique, et la majorité des quelque 2,68 millions de réfugiés et de déplacés internes, n’ont pu retrouver leur foyer, malgré l’énorme investissement de la communauté internationale", déplore l'évêque.

"La communauté internationale, suite aux Accords de Dayton, estime normal que les catholiques soient évincés de la RS. Ainsi, l’épuration ethnique en vient à être considérée comme légitime. " Or, pour Mgr Komarica, qui défend sans relâche depuis deux décennies la communauté catholique de Bosnie, les responsables de l’Eglise catholique seraient des "menteurs" et des "traîtres" s’ils n’élevaient pas la voix contre cette injustice.

L’évêque croate, lui-même originaire de Novakovici, dans le diocèse de Banja Luka, regrette que personne ne s’engage aux côtés des catholiques de Bosnie-Herzégovine, si ce n’est le Vatican. Il n’y a pas de la part de la Croatie de stratégie réelle pour l’aide au retour des catholiques en Bosnie. Donnant à ceux-ci le sentiment d'être abandonnés par l’Europe et les Etats-Unis.

Apic/bl

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