L’Organisation Panafricaine des Femmes fête ses 53 ans


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L’Organisation Panafricaine des Femmes fête ses 53 ans
Par Christophe Herinckx
Journaliste de CathoBel
Publié le - Modifié le
3 min

africaine velo

C'est le 31 juillet 1962 qu'est née cette organisation internationale africaine, dans la foulée des indépendances. Cet anniversaire est célébré ce 31 juillet, à l'occasion de la journée panafricaine de la femme.

Cet anniversaire symbolise le courage et l’engagement de très nombreuses femmes africaines qui, aux côtés d'hommes politiques ayant eu une réelle vision d'avenir pour le continent, luttèrent pour l'indépendance du continent et l’émancipation de la femme africaine.

L’idée de créer l’organisation panafricaine des femmes est née des pionnières ayant participé au Congrès de la Fédération Démocratique Internationale des femmes à Vienne en Autriche, en 1958.

La journée Panafricaine de la femme est l’occasion d’avoir une pensée pour les pionnières du panafricanisme au féminin comme Hawa Keita, Maria Ruth Neto, Fathia Bethabar, Jeanne Martin Cissé. C’est aussi l’occasion de rappeler que l'Organisation Panafricaine des Femmes, créée le 31 juillet 1962, a certes permis une une avancée des droits et de la reconnaissance du rôle des femmes dans la société africaine. Toutefois, beaucoup reste à faire et, si l'on peut se féliciter des acquis, cette invite aussi à envisager les nouveaux défis à relever.

Des situations dramatiques

Ces défis ne manquent pas aujourd'hui, pour les femmes en Afrique. Rappelons les situations de détresse terrible que vivent un grand nombre d'entre elles. Pensons aux milliers de femmes violées dans l'est du Congo, scandale innommable et drame qui se poursuit encore à l'heure actuelle. Pensons aussi à ces milliers de petites filles et de femmes qui sont excisées chaque année, notamment en Afrique de l'ouest.

Bien d'autres situations encore témoignent de ce que les femmes, spécialement en Afrique, souffrent encore aujourd'hui de discriminations inacceptables, et d'une domination patriarcale souvent toute-puissante et toujours déshumanisante. Combien de femmes en Afrique, dépendent aujourd'hui encore entièrement de la seule volonté de leur mari, ou de leur père, que ce soit au niveau familial, économique ou social? Concernant la dignité et le respect des femmes, tout simplement pour ce qu'elles sont, un chemin très important reste encore à parcourir...

On ne peut que saluer toutes ces femmes et toutes ces associations qui, sur le continent, oeuvrent pour une véritable libération de la femme. Parmi ces organisations, on peut mentionner l'Eglise catholique, et ses nombreuses initiatives locales prises par des femmes, en faveur des femmes.

Que dire enfin des dirigeants africains d'aujourd'hui, ou des épouses de ces dirigeants, ou des femmes politiques africaines? Luttent-elles vraiment pour l'amélioration des conditions de la femme en Afrique? S'il faut se garder de donner des leçons, et si les situations diffèrent parfois fortement d'un pays à l'autre, on ne peut cependant pas ne pas dénoncer certaines injustices criantes. Dans des cas encore beaucoup trop fréquents, à l'instar de leurs époux, les femmes politiques africaines participent au système de corruption qui vient "d'en haut"', et qui contribue fortement à empêcher le développement des sociétés africaines. Les inégalités criantes, au profit de classes dirigeantes minoritaires, maintiennent nombre de femmes (et pas seulement elles) dans des situations d'extrême précarité, par exemple au niveau des soins de santé, ce qui constitue une atteinte aux droits les plus élémentaires de la femme.

C.H. (d'après RV)

 

Catégorie : International

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