La résolution sur la commémoration du génocide arménien a été approuvée jeudi 23 juillet à la Chambre. Elle a été votée à l'unanimité, à l'exception de 8 abstentions dans le camp de l'opposition. La communauté arménienne de Belgique déplore néanmoins l'ambiguïté du texte.
La résolution de la majorité parlementaire relative à la commémoration du génocide arménien a été votée hier soir à la Chambre. Emir Kir, élu socialiste d'origine turque, a également approuvé le texte, lui qui avait brillé par son absence lors de la minute de silence organisée fin avril en hommage aux victimes du génocide.
Les huit députés qui ont préféré s'abstenir regrettent la faiblesse du texte qui porte sur la reconnaissance, par la Belgique, du génocide à l'encontre des Arméniens. Le texte déposé par la majorité parlementaire reproduit entre autres les propos tenus le 18 juin par le Premier ministre. A cette date, Charles Michel avait reconnu devant la Chambre la réalité du génocide au nom du gouvernement belge. Dans la résolution approuvée hier, il n'est toutefois pas fait mention que le Parlement belge s'associe à cette reconnaissance. Les divers amendements proposés hier ont tous été rejetés.
Un "amalgame malheureux" dénoncé par la communauté arménienne
La communauté arménienne et araméenne de Belgique s'est montrée très insatisfaite de cette résolution. Elle met en cause l'ambiguïté du texte, visant particulièrement le paragraphe 2 qui exhorte le gouvernement fédéral "de reconnaitre que la Turquie actuelle ne saurait être tenue pour responsable historiquement et moralement du drame vécu par les Arméniens de l'Empire Ottoman". Dans son communiqué dont fait échos l'agence Belga, la communauté arménienne et araméenne de Belgique dénonce "un amalgame malheureux. Aujourd'hui, de courageux intellectuels et membres de la société civile turque prônent le langage de vérité. Ils se battent avec dignité, souvent au péril de leur intégrité physique, pour que leur pays reconnaisse le génocide arménien, assume son passé et se débarrasse enfin du fardeau de plus en plus insoutenable d'un mensonge d'Etat qui perdure depuis 100 ans. Tout au contraire, les autorités turques s'arc-boutent sur le déni, persistent à nier l'évidence du génocide des Arméniens et des Araméens (Syriaques, Chaldéens et Assyriens) et continuent à en glorifier les ordonnateurs". En cela, conclut le communiqué, les autorités turques se font " les héritières des actions de l'Empire ottoman. Cette Turquie officielle porte, pour le moins, une responsabilité morale".
Hier à la Chambre, les 8 abstentionnistes étaient les députés socialistes Stéphane Crusnière et Philippe Blanchart (PS), l'écolo Benoît Hellings ainsi qu'Olivier Maingain (FDF), Benoît Dallemagne et Vanessa Matz (cdH) et Raoul Hedebouw et Marco Van Hees (PTB).
S.T. (d'après Belga)

