Quito : l’appel de François à être les témoins de la joie de l’Evangile


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Quito : l’appel de François à être les témoins de la joie de l’Evangile
Photo d'illustration
Par La rédaction
Publié le - Modifié le
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pape-avionAprès son passage à Guayaquil, la ville la plus peuplée d'Equateur, où le pape avait célébré la messe pour les familles devant un million de fidèles, le Saint-Père est retourné à Quito pour rencontrer les évêques d'Equateur et célébrer une grand messe au parc du Bicentenaire. Le Souverain Pontife en a profité pour exhorter les 700.000 fidèles présents à crier la joie de l'Evangile pour que le monde entier croie.

"Je vous demande que nous soyons un, que l'Eglise soit une maison de frères", a exhorté hier le pape François. Le Saint-Père a surtout parlé d'évangélisation, depuis le Parc du bicentenaire, surnommé le poumon de la capitale équatorienne où plus d'un million d'arbres ont été plantés. Le Parc du bicentenaire fait référence aux 200 ans de l’indépendance de l’Equateur vis-à-vis de l’Espagne. Cette volonté d’indépendance, selon le pape, était "un cri, né de la conscience du manque de libertés, la conscience d’être objet d’oppression et de pillages, 'sujets aux convenances contingentes des puissants du moment' (Evangelii gaudium, n. 213)". Comparant ce cri au "susurrement de Jésus lors de la dernière Cène", le pape a souhaité que ces deux cris convergent vers le "beau défi de l’évangélisation". Et d'ajouter: "nous autres, ici réunis, tous ensemble autour de la table avec Jésus, nous sommes un cri, une clameur née de la conviction que Sa présence nous incite à l’unité", une unité à vivre "pour que le monde croie", a-t-il répété à plusieurs moments de son homélie.

"Le désir d’unité suppose la douce et réconfortante joie d’évangéliser, la conviction d’avoir un bien immense à communiquer et qu’en le communiquant, il s’enracine", a insisté le Souverain Pontife. "D’où la nécessité de lutter pour l’inclusion à tous les niveaux, en évitant des égoïsmes, en promouvant la communication et le dialogue et en encourageant la collaboration. Il faut ouvrir le cœur au compagnon de route sans craintes, sans méfiances".

Tous frères

Le Saint-Père a toutefois mis en garde contre le fait de verser dans le prosélytisme, qu'il qualifie de "caricature de l’évangélisation". Il faut plutôt "attirer à travers notre témoignage ceux qui sont éloignés, à s’approcher humblement de ceux qui se sentent loin de Dieu et de l’Eglise, de ceux qui sont craintifs ou de ceux qui sont indifférents pour leur dire: "Le Seigneur t’appelle toi aussi à faire partie de son peuple et il le fait avec grand respect et amour" (Evangelii gaudium, n.113)".

"Qu’il serait beau que tous puissent admirer comment nous prenons soin les uns des autres", a encouragé le pape François. "Comment mutuellement nous nous encourageons et comment nous nous accompagnons. (...) Soyez des témoins d’une communion fraternelle qui devient resplendissante!" a-t-il poursuivi. En se donnant soi-même, l’homme retrouve sa véritable identité de fils de Dieu, a rappelé l'évêque de Rome: "c’est cela évangéliser, c’est cela notre révolution - parce que notre foi est toujours révolutionnaire", a-t-il conclu.

Une messe aux accents indiens

Pour célébrer cette grand messe, le pape était vêtu d'une chasuble tissée artisanalement avec des motifs indigènes. La seconde lecture a été lue en langue quechua, et plusieurs membres de minorités indiennes ont fait partie de ceux qui ont apporté les offrandes. Dans son homélie, le pape a repris plusieurs passages de son exhortation apostolique Evangelii Gaudium, mais aussi des extraits du document d'Aparecida de 2007, que le cardinal Bergoglio avait lui-même rédigé. Ce document visait à redonner un nouvel élan missionnaire au continent latino-américain. Enfin, la structure métallique réalisée pour l'estrade où se tenait l'autel sera réutilisée et transformée en chapelle pour un quartier pauvre de Tumbaco, ville de la périphérie de Quito.

Le pape François s'est rendu ensuite à l'Université pontificale catholique d'Equateur le 7 juillet dans l'après-midi. Le pape a notamment interpellé les éducateurs en les questionnant: "veillez-vous sur vos étudiants, en les aidant à développer un esprit critique, un esprit libre, capable de protéger le monde d'aujourd'hui? Un esprit capable de chercher de nouvelles réponses aux défis multiples que la société nous pose? Etes-vous capables de les encourager à ne pas se désintéresser de la réalité qui les entoure? (...) Comment aidons-nous nos jeunes à ne pas considérer un diplôme universitaire comme synonyme d’un statut supérieur, comme synonyme de plus d'argent, de prestige social?" Aux étudiants, il a demandé de prendre conscience de la chance et du "privilège" qu'ils avaient de pouvoir apprendre. L'université est composée de quatorze facultés et est gérée par les jésuites depuis sa création, en 1946.

Gratuité, solidarité, subsidiarité

Le pape François a ensuite rencontré la société civile équatorienne en l'église San Francisco de Quito, l'édifice catholique le plus ancien de l'Amérique latine, classé patrimoine mondial de l'Unesco. Le Souverain Pontife y a développé une réflexion sur le modèle de société que chacun est appelé à construire, à commencer par ceux qui "dynamisent la vie sociale".

En guise de symbolique, le pape y a reçu les clés de la ville de Quito. Se sentant "à la maison", comme il l’a souligné lui-même, François a à son tour livré les clés d’une coexistence sociale, en se basant sur la vie familiale. Les familles contribuent au bien commun et portent trois valeurs sociales essentielles, a expliqué le Saint-Père: la gratuité, la solidarité et la subsidiarité. François a ainsi plaidé pour que toutes les composantes de la société équatoriennes, des indigènes aux femmes en passant par les regroupements de citoyens et tous ceux qui travaillent pour la communauté dans les services publics soient des protagonistes indispensables d'une société où l'on dialogue. Dans ce contexte, a-t-il conclu, l’Eglise veut collaborer dans la recherche du bien commun en étant "un signe prophétique qui apporte un rayon de lumière et d’espérance à tous, spécialement à ceux qui sont le plus dans le besoin".

Enfin le pape François a terminé la soirée par une visite privée à l'église de la Compagnie de Jésus, "Iglesia de la Compania", un haut lieu jésuite de Quito.

D'après Radio Vatican

 

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