Quito est la première étape du voyage apostolique du pape en Amérique latine. François s'est dit "content d'être à la maison". A sa descente de l'avion, il a été accueilli par le président Rafael Correa dans une chaleureuse accolade. Un accueil dans la joie dans un pays que le Saint-Père connaît bien pour y avoir effectué plusieurs visites pastorales en tant qu'archevêque.
«Tous les coeurs des Equatoriens débordent de joie en vous accueillant», a souligné le président Correa, «L'Equateur aime la vie, notre pays protège la vie depuis la conception, a-t-il rappelé, et notre pays est le seul dans le monde à avoir inscrit le droit de la nature dans sa Constitution.» Le chef de l'Etat équatorien n' a pas hésité à paraphraser la présidente brésilienne Dilma Rousseff, expliquant que «le pape est Argentin, Dieu est Brésilien», mais a ajouté «le paradis est Equatorien!» après avoir rappelé la richesse patrimoniale de son pays.
Rafael Correa a aussi eu des accents plus politiques, insistant sur les injustices économiques et sociales en Amérique latine qui sont la cause de systèmes pervers, rendant hommage au passage à la récente encyclique du Saint-Père Laudato Si' dont il a cité des passages, dénonçant notamment les ravages de la mondialisation, qui dévastent certains pays. Le chef de l'Etat équatorien a aussi fait allusion à la figure de Mgr Oscar Romero, récemment béatifié, et apôtre de la justice sociale. «Bienvenue dans votre maison Saint-Père!» a t-il conclu.
Trouver dans l'Evangile les clés pour affronter les défis
«Je rends grâce à Dieu de m’avoir permis de retourner en Amérique latine et d'être aujourd'hui ici avec vous, dans cette belle terre de l'Equateur», a souligné le pape dans son discours, qui a remercié le président équatorien, se tournant vers lui et lui lançant: «Vous m'avez trop cité!» «J'ai visité l'Equateur à diverses occasions pour des raisons pastorales; de même aujourd'hui, je viens comme témoin de la miséricorde de Dieu et de la foi en Jésus-Christ», a souligné François.
Le Souverain Pontife a rendu hommage au peuple équatorien «qui se tient debout avec humilité», et rappelé la dette qui frappe de nombreux pays du continent latino-américain. «Aujourd’hui, nous aussi nous pouvons trouver dans l'Evangile les clés qui nous permettent d'affronter les défis actuels, a poursuivi le pape, en mettant en valeur les différences, en promouvant le dialogue et la participation sans exclusions, pour que les réussites dans le progrès et dans le développement qu’on est en train d’obtenir garantissent un meilleur avenir pour tous», a également assuré le Saint-Père, dans ce qui peut être lu comme une allusion aux tensions politiques récentes dans le pays. «Pour cela, Monsieur le Président, vous pourrez toujours compter sur l'engagement et la collaboration de l'Eglise», a t-il ajouté.
«Oui, l'Equateur, c'est le paradis!»
François, qui dans son discours a également eu des formules plus poétiques, en rappelant à son tour les richesses naturelles de l'Equateur: «D’ici je veux embrasser l'Equateur tout entier. Que depuis le sommet du Chimborazo, jusqu'aux côtes du Pacifique; que depuis la forêt amazonienne, jusqu'aux Îles Galápagos, vous ne perdiez jamais la capacité de rendre grâce à Dieu pour ce qu'il a fait et fait pour vous, la capacité de protéger ce qui est petit et ce qui est simple, de prendre soin de vos enfants et des personnes âgées qui sont la mémoire de notre peuple», a t-il précisé.
«Que le Cœur Sacré de Jésus et le Cœur Immaculé de Marie, à qui l’Equateur a été consacré, répandent sur vous leur grâce et bénédiction», a conclu le Saint-Père, très applaudi, qui a tenu à préciser avec malice: «Oui, l'Equateur, c'est le paradis!» Après avoir salué les personnalités présentes à l'aéroport, le pape est monté dans une petite Fiat non blindée afin de rejoindre la nonciature apostolique, où il logera durant cette étape équatorienne.
Radio Vatican
Photo: A sa descente d'avion, le pape a pris le temps de saluer et de bénir les enfants en tenue traditionnelle, qui se tenaient de part et d'autre du tapis rouge. (© ANSA)
