Ce mercredi 24 juin, le gouvernement grec d'Alexis Tsipras a rejeté une contre-proposition soumise par ses créanciers à Athènes, comprenant surtout des souhaits du FMI. C'est ce qu'aurait affirmé une source gouvernementale grecque à l'AFP.
Cette contre-proposition insisterait, selon Athènes, sur une hausse des recettes de la TVA, et sur des coupes plus importantes à opérer dans les dépenses publiques.Un peu plus tôt aujourd'hui, le Premier ministre grec Alexis Tsipras a regretté que le FMI n'accepte pas "les mesures compensatoires" proposées par Athènes ce lundi 22 juin, lors d'une réunion des dirigeants des pays de la zone euro à Bruxelles. Ces mesures avaient alors été jugées positives par les créanciers.
Selon cette source, les institutions insistent aujourd'hui sur la hausse de la TVA sur la restauration, afin qu'elle passe de 13% actuellement à 23%, et sur l'arrêt de l'avantage fiscal dont bénéficient les îles. Ils veulent également des baisses plus importantes dans les dépenses d'armement, soit 400 millions d'euros au lieu des 200 millions proposés par la Grèce, et sur l'augmentation des cotisations santé des retraités.
Les créanciers souhaitent également la suppression totale des pré-retraites et le passage de l'âge de la retraite de 62 ans en moyenne actuellement à 67 en 2022, et non 2025 comme proposé par Athènes. Ils demandent aussi la réduction du taux d'imposition des sociétés de 29% suggéré par le gouvernement à 28%, contre 26 % actuellement.
Alexis Tsipras a déploré, ce mercredi matin, la position des créanciers, en particulier celle du Fonds monétaire international. "On n'a jamais vu que les mesures compensatoires ne soient pas acceptées. Ni en Irlande ni au Portugal, nulle part!", a-t-il dit, cité dans un communiqué de ses services.
"Cette position étrange cache deux éventualités: soit elles (ces institutions) ne veulent pas d'accord soit elles servent des intérêts spécifiques en Grèce", aurait-il ajouté.
Fermeté à Berlin
Il reste encore un long chemin avant que la Grèce ne parvienne à un accord avec ses créanciers, a affirmé mercredi le porte-parole du ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble, qui doit participer dans la soirée à une nouvelle réunion sur le sujet à Bruxelles.
"Il ne peut y avoir une solution, que si elle est approuvée par les trois institutions", à savoir l'Union européenne, la Banque centrale européenne (BCE) et le Fonds monétaire international (FMI), a déclaré le porte-parole, Martin Jäger. "Cela vaut en particulier aussi pour le FMI", a-t-il ajouté lors d'un point presse régulier du gouvernement allemand, alors que cette institution est critiquée pour avoir adopté une ligne dure dans les négociations.
Pour la troisième fois en moins d'une semaine, les ministres des Finances de la zone euro (Eurogroupe) se réunissent mercredi soir à Bruxelles, pour tenter de trouver un accord permettant le déblocage de quelque 7 milliards d'euros de prêts, nécessaires à Athènes pour éviter le défaut de paiement.
"Nous allons à cette réunion avec des attentes réalistes", a affirmé le porte-parole de Wolfgang Schäuble, jugeant que c'était "maintenant à la partie grecque de bouger".
Alexis Tsipras est arrivé en début d'après-midi à Bruxelles pour s'entretenir notamment, et préalablement à la réunion de l'Eurogroupe, avec les dirigeants de la BCE et du FMI, Mario Draghi et Christine Lagarde, ainsi que Jean-Claude Juncker, le président de la Commission européenne.
D'après AFP et Belga
Légende photo: Alexis Tsipras, premier ministre grec

