Le nombre de populations déplacées a atteint un record


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Le nombre de populations déplacées a atteint un record
Par La rédaction
Publié le - Modifié le
4 min

refugies syriens Ce samedi 20 juin, le monde célébrera la journée commémorative en faveur des réfugiés. Selon un nouveau rapport du Haut-Commissariat pour les réfugiés, le nombre de déplacements de population a atteint un record. A la fin de l'année 2014, 59,5 millions de personnes étaient déracinées, en quête de refuge et de sécurité.

La date du 20 juin a été fixée par l'Assemblée générale des Nations unies comme étant la date principale pour commémorer à l'échelle internationale les réfugiés, les demandeurs d'asile, les personnes déplacées, les apatrides mais aussi les personnes de retour dans leur pays après avoir vécu en exil. Tous ont été forcés de fuir leur pays et leurs racines dans l'espoir de rencontrer une vie meilleure, ailleurs. "Tout laisser derrière soi, tout de ce qui nous a été cher et précieux, c’est-à-dire se retrouver projeté dans un avenir incertain, en un milieu étranger. Vous représentez-vous le courage qu’il faut pour vivre avec la perspective de devoir passer des mois, des années, peut-être toute une vie, en exil?", s'interroge António Guterres, la Haut-Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés. Fin 2014, 59,5 millions de personnes à travers le monde ont été forcées de quitter leur foyer, fuyant guerres, violences et persécutions. En 2013, ils étaient 51,2 millions. Cette augmention est la plus importante jamais enregistrée en une seule année. Le conflit syrien, débuté en 2011, n'est certainement pas pour rien dans ce record phénoménal. Aujourd'hui, les statistiques induisent qu'il génère le plus important déplacement de populations jamais enregistré sur la planète. Dans toutes les régions du monde, le rapport du HCR constate que le nombre de réfugiés/déplacés est en hausse. On pense également au nombre exponentiel de migrants qui tentent, au péril de leur vie, des traversées en mer dans l'espoir de survivre.

Le manque d'engagement de la communauté internationale

Si le nombre de réfugiés est en nette augmentation, les pays les plus développés peinent à ouvrir leur frontières à ces populations fuyant un ailleurs menaçant. Les pays riches accueillent beaucoup moins que leurs voisins moins avancés. Selon le rapport du HCR, 86% des réfugiés se sont retrouvés fin 2014 dans des régions ou des pays économiquement moins développés. Un quart de la population réfugiée se trouvait dans des pays classés parmi les pays les moins avancés selon une liste établie par les Nations Unies. Ces cinq dernières années, trop peu de crises ont été résolues et seuls 126.800 réfugiés ont pu regagner leur pays d'origine. En 31 ans, c'est le nombre le plus faible que le HCR ait jamais enregistré. "Il est terrifiant que, d'une part, l'impunité augmente quant à l'éruption de ces conflits et que, d'autre part, la communauté internationale semble totalement incapable de travailler conjointement pour faire cesser les guerres ainsi que pour édifier et préserver la paix", s'insurge le Haut-Commissaire. Et d'ajouter: "dans cette ère de déplacements de population massifs et sans précédent, nous avons besoin d'une réponse humanitaire de grande ampleur et d'un engagement mondial renouvelé envers la tolérance et la protection des personnes fuyant le conflit et la persécution."

amnestyPlusieurs ONG dont Amnesty International se mobilisent particulièrement en lançant des actions aux alentours de la journée internationale en faveur des réfugiés. Ce vendredi 19 juin, Amnesty International a prévu de distribuer quelque 20.000 affiches informatives pour interpeller le public et l'inviter à se mobiliser en faveur d'une "politique migratoire européenne plus respectueuse des droits humains." L'organisation humanitaire évoque notamment ses attentes politiques. Elle demande "que davantage d’itinéraires sûrs et légaux soient proposés à ceux qui ont besoin d’une protection internationale, qu’un nombre plus élevé de réfugiés soient réinstallés et que les effectifs prévus pour le sauvetage ne soit pas détournés de leur mission initiale par l’opération visant à combattre les réseaux de passeurs et de trafiquants."

Hommage de l'Eglise d'Allemagne aux migrants disparus en mer

En Allemagne, l'Eglise a décidé de marquer cette journée mondiale des réfugiés en faisant sonner les cloches des églises sur tout le territoire, en souvenir des quelque 23.000 personnes mortes en mer depuis l’an 2000, alors qu’elles tentaient de se réfugier en Europe. C'est l’archevêque de Cologne, le cardinal Rainer Maria Woelki, qui a eu l'initiative de ce geste: les onze cloches de la cathédrale de sa ville sonneront à toute volée à 20h, rejointes par d'autres villes et régions du pays. De nombreuses associations engagées dans le travail humanitaire et dans l’assistance aux plus vulnérables participeront à l'événement. Une initiative qui a d'abord pour but de faire mémoire: «Il y a un risque réel que ces personnes, nos frères, soient oubliés», explique le cardinal dans un communiqué. Mais aussi de réveiller les consciences: ces cloches devraient sonner comme un «avertissement» aux oreilles des politiques et des institutions européennes, et comme un appel urgent à «des actions concrètes de solidarité».

S.T.

Catégorie : International

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