Mons 2015 : ATOPOLIS ou la mélancolie… du futur


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Mons 2015 : ATOPOLIS ou la mélancolie… du futur
Par Jean-Jacques Durré
Publié le - Modifié le
3 min

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Benoît Platéus : « Cinétisation d’après Pol Bury » 2014 »

L’exposition Atopolis, la seule entièrement dédiée aux arts contemporains dans cette année culturo-européenne, présente en effet plus d’une particularité. D’abord, cet événement, qui fédère à Mons pas moins de 23 artistes à la réputation bien établie, est monté, au cœur de la cité dans des espaces (ex-Manège de Sury et un ancien couvent-école) qui viennent d’être complètement réhabilités. Propriétés de l’intercommunale de développement IDEA, ces lieux accueilleront, dès 2016, une maternité urbaine pour les industries culturelles et créatives.

Le projet Atopolis est né voici deux ans à l’initiative de Jean-François Escarmelle, alors patron de l’IDEA, qui souhaitait monter quelque chose d’original pour «Mons 2015». Féru d’art contemporain, à l’origine d’une collection de ce type à l’IDEA, Jean-François Escarmelle a sensibilisé d’autres institutions (invest IMBC, Sowalfin, SWDE et ORES) afin de rassembler des moyens pour échafauder le programme Atopolis. Séduite par la qualité et l’ambition du projet, la Fondation Mons 2015 valida l’initiative et apporta aussitôt des moyens financiers complémentaires. Les équipes de Dirk Snauwaert, du Wiels à Bruxelles, étaient alors mobilisées pour faire naître Atopolis, sorte de cité idéale, au croisement des cultures, des métissages culturel et social, des identités plurielles.

Des bateaux sur la mer

Au départ de la réflexion des deux commissaires Dirk Snauwaert et Charlotte Friling: Mons et ses migrations économiques (italienne notamment) au siècle passé, les métissages qui en ont résulté sans oublier, face à la globalisation, des notions comme l’altérité, le respect des autres, la mobilité, etc…

«Au-delà de la révolution du numérique, qui suspend en quelque sorte les frontières et impose l’utopie de la connectivité permanente, les artistes invités, dont beaucoup ont souhaité créer une œuvre originale pour Atopolis, ne pensent plus en terme de mélancolie du passé mais sont déjà, résolument, dans un sorte de mélancolie…du futur», commente Dirk Snauwaert.

Parmi les réalisations les plus saisissantes, on épinglera l’installation du Belge Francis Alÿs, qui vit aujourd’hui à Mexico City, sur les deux rives du détroit de Gibraltar ainsi qu’une spectaculaire création originale (aluminium et fils de cuivre) d’El Anatsui à qui, la Biennale de Venise qui s’achève, vient de décerner le Lion d’or pour sa carrière artistique. Mention spéciale aussi pour le «Glo-Balloon» du Béninois Meschac Gaba fait d’un condensé devenu illisible des drapeaux nationaux. Quant au Bruxellois Walter Swennen, exposé cette année à la galerie Gladstone (New York), il présente à Mons une toute nouvelle œuvre inspirée des radios transistors des années 50: «mon premier souvenir européen», confie-t-il. Enfin, l’Américain Lawrence Weiner, figure majeure de l’art conceptuel, laissera une trace bien visible, et durant trente ans, sur les murs restaurés du Manège de Sury où il a incrusté cette phrase: «nous sommes des bateaux sur la mer, pas des canards sur une mare».

Hugo Leblud

Exposition Atopolis: Jusqu’au 18 octobre au Manège de Sury- www.mons2015.eu

 

Catégorie : Culture

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