Les clarisses de Malonne déménagent…


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Les clarisses de Malonne déménagent…
Par Anne-Françoise de Beaudrap
Publié le - Modifié le
4 min
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Depuis quelques semaines, les clarisses de Malonne font une légère entorse à la règle qui veut que le travail s'effectue en silence. A la mi-juillet, les huit clarisses quitteront cette colline du Tombois où le monastère a été construit au début du 20e siècle pour Bruxelles. D'ici-là, le travail ne manque pas! Ces 6 et 7 juin, Malonne saluera celles qui, depuis 1903, animent la vie du village.
clarisses3Réunies dans une des salles du monastère, à l'heure de la récréation, les clarisses parlent du passé mais aussi de l'avenir. Le ton monte, chacune veut raconter une anecdote. Sr Marie-France se rend compte du brouhaha... ''Ça résonne beaucoup, nous avons enlevé les tentures et des meubles sont déjà partis...'' Actuellement, les préoccupations des religieuses sont naturellement axées sur le déménagement et sur l'aménagement du nouveau lieu de vie. Au centre des discussions: la couleur du futur revêtement de sol. ''A Bruxelles, nous occuperons tout un étage. Le plus important est que nous restions ensemble: on s'aime bien même si on se dispute de temps en temps! Nous allons pouvoir nous rassembler autour de l'essentiel, le Seigneur.''
Une page se tourne ainsi sur la colline du Tombois. Une autre est à écrire. Une feuille blanche où le mot ''fin'' n'a pas sa place. Les clarisses de Malonne vont donc rejoindre Bruxelles et la Maison Notre-Dame du Chant d'Oiseau où vivent déjà les frères franciscains. Ce déménagement est un réel soulagement pour les huit clarisses qui occupent encore le monastère: gérer un tel lieu n'était pas chose aisée. Le bâtiment est vaste avec des plafonds hauts et une isolation qui date d'une autre époque. Malgré toute l'attention de sr Thérèse pour éviter les dépenses d'énergie - le chauffage est limité et elle veille à couper les radiateurs dès qu'une pièce est inoccupée - les factures pèsent lourds sur les finances de la communauté. Comme toute construction, le monastère a besoin de soins, de réparations... et là encore c'est de plus en plus compliqué pour une communauté vieillissante. ''Il faut être réaliste, ce bâtiment était tellement une charge qu'il pesait aussi sur notre vie de prière. Alors, on allège. Nous ne voulions plus être propriétaires. Mais nous voulions, souligne sr Marie-France, que ce soit la communauté qui prenne la décision de partir, de vendre le bâtiment et pas que ce départ soit imposé.''
Venues de France
Chassées de France par l'entrée en vigueur de la loi Combes (séparation de l'Eglise et de l'Etat), les clarisses sont arrivées en Belgique où elles ont été chaleureusement accueillies. Elles ont d'abord occupé les deux tours de la Ferme Blanche, un bâtiment qui sera transformé bien des années plus tard en boîte de nuit! A l'époque, les religieuses venues du monastère de Saint-Omer étaient trente-et-une. A l'étroit, dans ce bâtiment humide, il a bien vite fallu se résoudre à le quitter. Entretemps, les ''soeurs-pauvres'' pour reprendre les termes de Claire d'Assise, la fondatrice, avaient trouvé un grand terrain accroché à la colline du Tombois. Avec, et c'était primordial à l'époque, un puits... Sr Myriam, un rien nostalgique: ''Il faut quand même bien reconnaître que, depuis, le seuil de la porte du monastère, la vue sur la nature est très belle.'' Sr Marie-France acquiesce tout en ajoutant que l'environnement autour du prochain lieu de vie est également très vert. Et qui plus est, à deux pas, il y a des étangs autour desquels il fait bon flâner.
''Notre vie intriguait''
Dans un déménagement, on quitte un lieu pour un autre. On quitte aussi et surtout ceux et celles qui ont gravité, au fil des années, autour du monastère. Sr Marie-France: ''Quitter autant de personnes devenues des amis au fil des années est douloureux. Le plus dur c'est de consoler les gens qui sont tristes de notre départ.'' Sr Myriam enchaîne: ''Moi, j'ai ressenti l'émotion du départ quand les gens ont commencé à venir nous dire au revoir.''
Ce week-end
En attendant la mi-juillet et le départ des clarisses, chacun est invité à rejoindre Malonne pour vivre deux beaux moments.
- Le samedi 6 juin, le spectacle de Luc Aerens et la Compagnie de théâtre religieux burlesque ''C'est très Claire, c'est François le coupable.'' Le spectacle qui se donnera à la chapelle musicale Saint-Berthuin à Malonne débutera à 19h30.
- Le lendemain, le 7 juin, à 10h, eucharistie dominicale suivie du verre de l'amitié. L'eucharistie aura lieu, dès 10h30, à l'église paroissiale de Malonne.
Christine Bolinne (photos: Diocèse de Namur)
La suite de cet article à lire sur le site du Diocèse de Namur

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