Ce jeudi, un sommet européen extraordinaire se tient à Bruxelles sur le sort tragique des migrants qui tentent de rejoindre l'Europe par la mer Méditerranée.
A la suite des dernières tragédies survenues au large des côtes libyennes et dans lesquelles des centaines de personnes ont péri, le président du Conseil européen, Donald Tusk, avait annoncé lundi sa volonté de convoquer un sommet extraordinaire, qui s'est tenu aujourd'hui à Bruxelles. Il n'existe "pas de solutions rapides", avait prévenu le président, ajoutant que "s'il y en avait, nous les aurions mises en œuvre depuis longtemps".
La tenue urgente d'une réunion avait été demandée dimanche par le Premier ministre italien, Matteo Renzi, et soutenue par plusieurs de ses homologues, dont le Britannique David Cameron et l'Espagnol Mariano Rajoy.
Après avoir accepté, le président Tusk avait listé les sujets qu'il voulait aborder en urgence avec les chefs d'Etat ou de gouvernement des 28 Etats membres de l'UE. "Comment arrêter les trafiquants d'êtres humains, comment augmenter nos efforts communs pour sauver les gens dans le besoin, comment mieux aider les Etats membres les plus touchés, et comment accroître notre coopération avec les pays d'origine et de transit", sont autant de questions complexes qui sont débattues en ce moment à Bruxelles.
Une marche silencieuse
En hommage aux migrants noyés par centaines dans la Méditerranée, plusieurs associations ont organisé une marche silencieuse dans le quartier européen. Le point de départ était fixé à 11h, Place de la Liberté. La marche silencieuse est aussi l'occasion pour les associations de réitérer quelques revendications.
"Nos revendications sont très claires par rapport à l’Union européenne. La Commission est sortie avec dix propositions d’urgence. En fait, ce que la Commission propose, c’est 'more of the same', 'continuez à faire encore plus de la même chose'. Cela nous fait très peur", a expliqué Nicolas Van Nuffel, responsable plaidoyer au CNCD - le Centre National de Coopération au Développement-, au micro de la RTBF. "Ce qu’il faut, poursuit-il, c’est un changement complet des politiques migratoires européennes. Concrètement, cela veut dire qu’il faut reprendre les opérations de sauvetage qui avaient été interrompues. Un programme avait été lancé par l’Italie, qui s’appelait Mare Nostrum, qui était là pour sauver des vies. On y a mis fin pour revenir à une optique, qui est purement policière, de chercher à arrêter les gens."
"L'Europe est responsable"
Et d'ajouter: "Il faut mutualiser les politiques migratoires au niveau européen. Il n’est pas normal que les pays, qui sont en première ligne (l’Italie, l’Espagne, la Grèce), prennent toutes les responsabilités. Au-delà de cela, l’Europe est responsable de la situation dans laquelle nous sommes aujourd’hui, par les politiques qu’elle mène dans un tas de domaines: c’est nos politiques qui font que le climat se réchauffe; que nous sommes aussi la cause de toute une série de guerres. Or, les gens qui viennent vers l’Europe y viennent simplement pour avoir une vie digne parce que ce n’est pas possible dans leur pays", conclut le responsable plaidoyer au CNCD.
La marche silencieuse est organisée, entre autres, par Amnesty International, le CIRé, le VWV, le CNCD-11.11.11, la Ligue des droits de l'Homme, Médecins du Monde, Bruxelles laïque et Platform des sans-papiers.
S.T. (d'après RTBF/AFP)
Photo: Capture d'écran, Youtube, Donald Tusk
