« L’Eglise burundaise veillera de près sur le processus électoral »


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« L’Eglise burundaise veillera de près sur le processus électoral »
Par Jean-Jacques Durré
Publié le - Modifié le
3 min

eveque-bubanzaDe passage en Belgique il y a peu, l’évêque-coadjuteur du diocèse de Bubanza au nord-ouest du Burundi, Mgr Georges Bizimana (photo), souligne que la Conférence épiscopale burundaise s’implique sous différentes formes à la préparation aux échéances électorales au pays.

« Premièrement, nous nous engageons dans l’éducation civique de la jeunesse. Il y a eu un forum national qui a duré cinq jours, mais dans chaque diocèse et même dans les régions pastorales se tiennent des fora pour aider la jeunesse à prendre conscience de sa responsabilité pour l’avenir du pays, et surtout pour sensibiliser les jeunes de ne pas se laisser manipuler par des politiciens d’ordres divers », explique d’emblée Mgr Bizimana.

L’Eglise burundaise participe activement au monitoring du processus électoral dans toutes ces étapes. Il y a déjà eu une vérification, non sans contestation d’ailleurs, des listes électorales et le nettoyage des « doublons » par la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) en décembre dernier. Un accord de principe est intervenu juste avant Noël entre la Ceni et les dix-huit partis d’opposition sur nouvelle réunion d’évaluation de l’enrôlement des électeurs, qui ne serait pas dirigée par la Ceni. « Et au moment des élections-même – les communales, puis les élections provinciales et parlementaires – ainsi qu’au moment du dépouillement, il y aura en tous cas l’implication d’agents mandatés par l’Eglise dans le cadre de la commission épiscopale Justice & Paix », précise le prélat.

Eveiller à la conscience de la paix

Le processus électoral au Burundi est sensé culminer dans l’élection du chef de l’Etat en mai prochain. La Constitution limite le nombre de mandats présidentiels à deux, ce qui rend impossible la reconduction de l’actuel président burundais, Pierre Nkurunziza. « La Conférence épiscopale lance des messages pour éveiller la conscience de tous les protagonistes non seulement du processus électoral mais aussi de toutes les structures qui peuvent exercer quelque influence sur la promotion de la paix et de la culture de la vérité » dit l’évêque. Malgré toute la prudence de coutume au Burundi, Mgr Bizimana fait clairement référence ici à l’appel de décembre 2013 dans lequel les évêques du Burundi ont recommandé aux forces politiques la « sagesse » et la « concertation » en ce qui concerne le débat portant sur la révision de la Constitution, citant un proverbe local selon lequel « mieux vaut un long chemin qui aboutit à destination plutôt qu’un raccourci qui finit dans une impasse ».

« L’Eglise ne peut jamais agir comme si elle était un parti politique » poursuit l’évêque-coadjuteur de Bubanza. « Son rôle est de caractère prophétique : celui d’annoncer et de dénoncer. Elle enseigne ce qu’est l’homme, sa vocation, ses rapports avec le Créateur et avec les autres créatures. Mais elle dénonce si nécessaire les structures du mal souvent fondées sur l’injustice qui est génératrice de conflits et de violences dans toute société. » Enfin, bien que l’Eglise catholique au Burundi n’est pas en tant que telle impliquée dans la Commission Vérité et Réconciliation (CVR), installée il y a quelques semaines et chargée d’établir la vérité sur les massacres interethniques depuis son indépendance en 1962 dans l’ancien territoire sous mandat belge, le président hutu de la commission épiscopale Justice & Paix, Mgr Jean-Louis Nahimana, a été désigné pour présider cette CVR, tandis qu’elle sera vice-présidée par Mgr Bernard Ntahoturi, archevêque tutsi de l’Eglise anglicane du Burundi.

Benoit Lannoo

Catégorie : International

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