L'église Saint-Jacques de Namur pourrait être vendue par l'Institut de Promotion artisanale (en abrégé Iproma), mais l'asbl IATA (Institut des Arts, Techniques, Sciences et Artisanats) ne le voit pas d'un très bon œil. Explications.
Pour comprendre les enjeux de la question, il est nécessaire de savoir qui est Iproma. L'Institut de Promotion artisanale a été créé en 1963 par trois personnes: l'abbé Raymond Carlier, qui fut vicaire à Salzinnes, l'ancien ministre Antoine Humblet et l'ancien banquier Étienne Woitrin. Son siège était et est toujours situé chez Nève de Mévergnies, régisseur du Domaine de Dave. Cette association s'est assigné comme objet social "de favoriser, tant sur le plan professionnel que sur le plan interprofessionnel, toutes les initiatives visant à la promotion économique ou culturelle de l'artisanat, des métiers d'art et des métiers hautement spécialisés."
Un don des Dames de Saint-Jacques
C'est ainsi qu'elle acquit une série de terrains et d'immeubles, dont le complexe de Saint-Jacques, lorsque les Dames du même nom lui donnèrent leur école, aussitôt fusionnée avec celle de l'Ilon (d'où l'actuel nom: Ilon-Saint-Jacques). L'église a été construite vers 1756-1758 et a été classée en 1963.
Au tournant du siècle, Iproma a cèdé la quasi-totalité de ses biens en bail emphytéotique pour une durée de 99 ans. Désormais, presque tous ses biens échappent à la gestion d'Iproma. Tous sauf l'église Saint-Jacques et quatre magasins situés rue des Carmes. Pourquoi cette exception? Pour limiter l'emphytéose aux biens à vocation scolaire, une vocation que n'avait pas l'église, destinée au culte, ni les magasins.
Une vente moralement discutable
Aujourd'hui, Iproma veut donc vendre l'église à un promoteur bruxellois pour en faire un magasin. Cette option est moralement et juridiquement très discutable.
Pourtant, l'évêque de Namur vient d'accepter que l'église soit désaffectée. Et cela après avoir décliné l'offre qu'on lui faisait d'acquérir le bien pour près de 750.000 euros, ce qui avec les frais de rénovation, représentait une somme qu'il ne pouvait se permettre de débourser. Cependant, l'évêque n'accepte pas pour autant qu'on y fasse n'importe quoi! L'utilisation future du lieu, a-t-il déclaré doit être respectueuse de sa tradition. Avec le temps, cet ancien relais sur le chemin de Saint Jacques de Compostelle est tombé à l'abandon et il est plus que temps de décider quel sera son avenir.
Un point d'attraction et un lieu d'accueil
Le conseil d'administration de l'IATA n'est pas d'accord avec la volonté de vendre d'Iproma. À ses yeux, l'église Saint-Jacques représente un atout exceptionnel pour les écoles dont il a la charge comme pour l'ensemble de la collectivité namuroise.
Le projet de l'IATA est d'en faire un point d'attraction dans une ville qui n'en comporte pas assez et qui a, de surcroît, l'obligation de hisser son niveau de qualité à la hauteur de son rôle de capitale. L'idée est de créer un espace pour des concerts, des animations, des expositions, des conférences et débats. Les associations qui valorisent la création artistique des prisonniers, des étrangers, des handicapées sont aussi concernées. En effet, l'église a toujours été un lieu d'accueil pour les personnes plus fragiles. Réhabilitée, l'église, rebaptisée "Espace Saint-Jacques", sera ainsi un endroit pour mettre en valeur des talents et aller à la découverte des cultures.
AdL (avec l'article de Pierre Dulieu paru dans Confluent)
L'idée a été lancée de créer une fondation Saint-Jacques qui recueillerait les dons en vue de la réhabilitation de l'église et son adaptation au but poursuivi. Si vous encouragez cette initiative, n'hésitez pas à vous manifester. En écrivant au bureau de Confluent (3, rue Tillieux, 5100 Jambes ou 081/30.28.35) ou par email à l'adresse: [email protected]


