Le Moyen-orient, invité à la table ronde d’AED (Aide à Eglise en Détresse)


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Le Moyen-orient, invité à la table ronde d’AED (Aide à Eglise en Détresse)
Par La rédaction
Publié le - Modifié le
4 min

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En visite pour quelques jours en Belgique, Mgr Haddad (archevêque de Saïda, Liban) était l’invité de Kerk-in-Nood, Aide à l’Eglise en Détresse, qui organisait une table ronde avec Mgr Harpigny, spécialiste de l’Islam et le P. Jo Hanssens de Pax Christi. Un échange modéré et traduit dans nos deux langues nationales par l’abbé Eric de Beukelaer. Les écuries de la superbe abbaye du Parc, servirent de cadre pour évoquer la situation délicate des chrétiens qui vivent de cette région du Moyen-Orient, berceau du christianisme.

Mgr Haddad a d’emblée situé son propos dans une perspective qui ne se cantonne pas au champ religieux, mais qui tient compte du contexte politique, social et national dans lequel vivent les chrétiens de sa région. Ils sont quelque 120.000 chrétiens, maronites, melkites et orthodoxes, à vivre dans le sud Liban. Interrogé sur l’actualité de ce printemps arabe qui semble s’étendre sur le pourtour de la Méditerranée, l’évêque s’exprime avec prudence « on ne connaît pas l’origine de ces mouvements, on ne peut prédire leur évolution, on est dans le flou total… dans le cas de la Syrie par exemple, on assiste à des conflits entre révolutionnaires, il y a des mouvements contre le gouvernement, ces mouvements sont contradictoires…alors que dans le cas de l’Egypte, la révolution est soutenue par le monde occidental, il y a clairement un lobby américain… » Cette situation ambiguë impacte celle des chrétiens qui sont eux aussi dans l’obscurité : que doivent-t-ils faire ? participer aux révolutions ? Pour résoudre cette tension, l’Eglise libanaise cherche une solution qui garantisse la paix aux chrétiens, tant au niveau national que régional. Mais, prévient l’archevêque de Saïda, il faut se méfier des caricatures et clarifier l’antagonisme entre fondamentalisme et Islam. « L’Islam n’est pas le fondamentalisme. Tous les musulmans ne veulent pas chasser les chrétiens !»

A côté de lui, Mgr Harpigny, évêque référendaire pour les relations avec l’Islam et le dialogue interreligieux, a pu se forger une bonne connaissance de l’Islam par sa formation, son expédience de vie en Egypte et ses contacts Liban. Lui aussi appelle à la prudence, à ne pas juger mais à comprendre, à écouter ce que les musulmans ont à dire. Il faut se défaire de l’opposition classique gauche-droite, que nous projetons volontiers sur autrui, ne pas nous appuyer sur ce genre de critère pour comprendre les événements « il faut beaucoup de temps pour comprendre ce qui se passe » Et de rappeler la longue présence des chrétiens dans le Moyen Orient, de leurs racines profondes, de la diaspora, du sentiment de supériorité latine qui a eu tendance à latiniser les rites orientaux. « Il serait bon d’entendre les différents points de vue du Synode et d’en tenir compte » ajoutait l’évêque, pour qui la collaboration spirituelle et financière, l’échange de dons, l’entraide entre les chrétiens est réelle au Moyen Orient.

Outre le rayonnement du message du Christ, de paix, de justice sociale et de dignité qu’elle veut faire entendre, Pax Christi rappelle les droits humains et l’application de la charte des droits de l’homme. Régulièrement, elle agit comme un éveilleur de conscience. C’est ce qu’elle a fait dernièrement en alertant l’opinion sur le marché des armes en Libye. Une prise de conscience qui a débouché sur un résultat concret.

Comment aider les chrétiens au Moyen Orient ?
Mgr Haddad a tenu à préciser que la présence chrétienne n’était pas menacée tous les jours. La véritable menace tient dans l’explosion démographique de l’Islam, alors que les chrétiens sont dans la régression démographique. Il faut donc soutenir les chrétiens d’un point de vue économique, par exemple en encourageant le micro-crédit.

Il y a plusieurs façons d’aider les chrétiens a indiqué Mgr Harpigny : en faisant respecter le droit international : respect des traités et des sanctions. « Il faut encourager tout ce qui est rationnel et combattre toute idéologie identitaire, radicale. Etre dans la relation d’égal à égal, sans peur et en cas de conflit, privilégier la médiation ».

Les droits de l’homme, l’esprit et la loi, faire vivre les droits de l’homme à la lumière de l’esprit dans lequel ils ont été écrits : revenir à l’intuition de base… soulignait le P. Hanssens. Cet idéal de liberté de conscience sonnait comme une conclusion optimiste sur l’arrière fond de chaos qui règne en ce moment au Moyen Orient.

Retrouvez l’interview de Mgr Haddad : https://www.cathobel.be/2011/05/13/rencontre-avec-un-libanais-amoureux-de-son-pays/

B.L.

Catégorie : International

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