Longtemps réservé aux initiés, tiers-mondialistes et écolos de tous poils, le commerce équitable intéresse aujourd'hui Monsieur Toutl'monde et les nombreux produits qui en sont issus se retrouvent souvent dans le panier de la ménagère. Le 14 mai est l'occasion de se pencher sur les tenants et les aboutissants de ce mouvement en faveur du développement durable et de découvrir un nouveau concept, le commerce équitable Nord/Nord.
Du Sud vers le Nord
Aujourd’hui, les trois quarts des 850 millions de personnes qui souffrent de la faim dans le monde sont des paysans ou des ouvriers agricoles en Amérique du Sud, en Afrique et en Asie. Souvent isolés en bout de chaîne, ils n’ont pas toujours les outils nécessaires pour transformer leurs produits, ni les moyens de transport. Ils manquent aussi d’informations sur les marchés et l’évolution des prix. C’est pourquoi ils doivent être en mesure de se regrouper afin de s’organiser et être reconnus à l’extérieur. Des ONG les aident dans ce processus de réappropriation de leur production. Plus que de la charité, ces paysans ont besoin de vivre dignement de leur travail. Il faut donc leur donner les moyens de combattre la pauvreté par eux-mêmes, de renforcer leur position et de prendre en main leur propre avenir. Le but est qu’ils deviennent de plus en plus autonomes face au marché, dans l’espoir d’une vie meilleure.
Cette nouvelle vision du commerce international qui cherche à faire évoluer les mentalités et à implanter des formes de démocratie dans le marché, c'est l'enjeu du commerce équitable. Une régulation décidée non par les États, mais par ceux qui prennent part au commerce, en privilégiant ceux qui, au début de la chaîne, sont les plus défavorisés. Loin de toute idéologie, c’est une solution concrète de changement, une relation où tout le monde est gagnant, à commencer par les plus faibles.
Chez nous, consommer équitable devient petit à petit un choix quotidien; la journée du 14 mai devrait nous y aider.
Du Nord vers le Nord
Flash back: 2009, la crise du lait bat son plein en Europe. Des images chocs frappent les esprits, celles de millions de litres de lait déversés sur les prairies, par des agriculteurs au bord de la faillite. Ils réclament eux aussi un prix équitable, un commerce équitable.
Voilà qu’un type de commerce, bien connu maintenant du public belge, mais cantonné à des échanges commerciaux solidaires Sud-Nord, s’invite chez nous dans le débat sur nos politiques agricoles. Chez nous aussi, les producteurs agricoles sont poussés à produire plus pour un prix unitaire toujours moindre, sous peine de disparaître.
La démarche équitable pourrait, dès lors, s'appliquer aux producteurs européens, soucieux de combiner savoirs ancestraux et techniques modernes afin d'obtenir un modèle agricole durable favorisant le tissu social, la production locale, le respect des matières premières et de leurs consommateurs.
Les degrés d'urgence ne sont évidemment pas les mêmes au Sud et au Nord. Si le producteur bolivien travaille pour sa survie, le paysan allemand défend plutôt la survie d'un modèle de production. Mais tout est lié, vu que le commerce est mondial, que les produits du Sud inondent les marchés du Nord et qu'un changement de modèle au Nord permettrait un redéploiement agricole au Sud. Le 14 mai donc, une attention particulière sera portée sur cette nouvelle démarche équitable de proximité.
FairTrade/CTB/SB
