Quand science et Foi se rencontrent


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Quand science et Foi se rencontrent
Par Jean-Jacques Durré
Publié le - Modifié le
4 min

YVes CoppensL’Assemblée Plénière de l’Académie Pontificale des Sciences s’est achevé le 28 octobre. Durant cinq jours, une trentaine d’académiciens étaient réunis au Vatican pour discuter de « l’évolution des concepts de nature ».

L'objectif de cette Assemblée Plénière ? « Rassembler des données provenant d'un large champ de disciplines scientifiques à propos des concepts de la nature les plus répandus », a expliqué Werner Arber, président de l'Académie Pontificale. « Le document en résultant pourra être bienvenu pour formuler des recommandations à destination de l'Église et du monde politique, servant de base pour les progrès futurs de notre évolution culturelle », a commenté le microbiologiste, Prix Nobel de médecine en 1978.

Entre autres discours, ces scientifiques de renom ont particulièrement écouté celui prononcé devant eux par le Pape François, lundi. Le Saint-Père y a d'abord évoqué, en termes élogieux, son prédécesseur Benoît XVI, dont il venait de dévoiler un buste sculpté par l'artiste Fernando Delia ; puis il a livré un enseignement à propos de la théorie de l'évolution. Il a d’emblée affirmé ne pas vouloir entrer dans la complexité scientifique de cette question importante et décisive. « Quand nous lisons le récit de la Création dans la Genèse », a-t-il relevé, « nous risquons de prendre Dieu pour un magicien, brandissant sa baguette magique. Mais ce n’est pas ainsi. Dieu a créé les êtres et Il les a laissés se développer selon les lois intérieures qu’Il leur avait données, pour qu’ils se développent et atteignent leur plénitude. Il leur a accordé l’autonomie tout en les assurant de sa présence constante. La création s’est ainsi poursuivie pendant des siècles et des millénaires pour devenir telle que nous la connaissons aujourd’hui. Dieu n’est pas un démiurge mais le Créateur qui confère le don de l’être à tous les éléments ».

S’interroger sur l’avenir de l’humanité

Pour l’évêque de Rome, le big-bang, auquel on attribue aujourd’hui l’origine du monde, ne contredit pas l’intervention créatrice de Dieu, mais il l’exige. « L’évolution de la nature n’est pas en contradiction avec la notion de Création ; elle suppose la création des êtres qui évoluent en elle. En ce qui concerne l’humanité, il y a un élément nouveau : Dieu lui a donné une autre autonomie, différente de celle de la nature : c’est la liberté. Et il l’a rendue responsable de la Création ».

Le Souverain Pontife invite donc les scientifiques et en particulier les scientifiques chrétiens à s’interroger sur l’avenir de l’humanité et de la terre, à protéger l’environnement naturel et humain en faisant confiance à la nature.

Lors de sa visite, le Saint-Père a également remis une médaille aux nouveaux académiciens, nommés membres ordinaires de l’Académie pontificale. Parmi eux, le paléoanthropologue français Yves Coppens, célèbre pour avoir codécouvert, en 1974, le fossile Lucy, lors d'une expédition menée en Éthiopie. Lucy a longtemps été considérée comme le plus ancien ancêtre de l’espèce humaine.

Interrogé par Radio Vatican, le scientifique est revenu d’abord sur le discours prononcé par le pape. « Je n’attendais pas autre chose de la part de ce pape qu’une grande ouverture. Il nous a parlé de la responsabilité, ce qui me convient tout à fait parce que la transformation de la matière est passée d’un aspect inerte à un aspect vivant puis à un aspect pensant. Et l’aspect pensant, c’est nous. C’est-à-dire que nous sommes à la fois libres mais en même temps responsables », a-t-il déclaré, rappelant que, désormais, notre destin est entre nos mains. Yves Coppens a estimé que ses découvertes de scientifiques et l’enseignement de l’Église ne s’opposent pas du tout. « Je suis convaincu que l’homme, dès qu’il est homme, est religieux. C’est amusant de voir combien la nature se fiche de l’individu et veut absolument préserver l’espèce et combien, quand on arrive à l’homme, peut apparaître la noblesse de l’individu et tout le respect de la personne. Je crois que la force des sciences naturelles, c’est de voir à la fois cette discontinuité dans la continuité. Quand on passe de la matière inerte à la matière vivante, il y a tout à coup un saut. Et quand on passe de la matière vivante à la matière pensante, il y en a un autre ».

Yves Coppens s’est dit confiant dans l’avenir et rappelé qu’il ne fallait pas avoir peur de la science, mais il s’est dit toutefois méfiant de tout, y compris de l’homme qui est un prédateur. Concernant sa nomination au sein de l’institution pontificale, le Français a souligné la forte réputation de l’Académie pontificale des Sciences.

J.J.D. (Avec Radio Vatican)

© Photo : RV


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