« Notinmyname » : la campagne contre l’EI ne fait pas l’unanimité


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« Notinmyname » : la campagne contre l’EI ne fait pas l’unanimité
Par La rédaction
Publié le - Modifié le
3 min

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La campagne "not in my name", "pas en mon nom", fait actuellement grand bruit sur les réseaux sociaux. Des musulmans de tous les continents, y compris de Belgique, y expriment leur opposition aux actes et idéologies de l’Etat islamique autoproclamé. Initiée par l’association britannique "Active change foundation", cette campagne divise les communautés croyants et experts de l'islam.

De nombreux musulmans de nationalités différentes utilisent le hashtag "#notinmyname" pour revendiquer sur les réseaux sociaux leur opposition à l’Etat soi-disant islamique. Lancée sur Internet par une association britannique qui rassemble de jeunes musulmans (Active change foundation), la campagne fait actuellement le buzz sur Twitter et appelle les musulmans à tweeter contre la propagande de l’EI et les amalgames entre islam et extrémisme.

Ennemis de l'humanité

Parmi les innombrables vidéos affluant des quatre coins du monde, une jeune fille se filme et s’adresse directement aux extrémistes de l’EI. "Votre Etat islamique ne représente ni l’islam ni les musulmans. Parce que votre leader est un menteur, parce que vos actions ne représentent pas celles des vrais fidèles. Parce que votre khalifat ne représente pas la nation islamique. Parce que ce que vous faites est inhumain."

"Ces terroristes de l’Etat islamique ne sont pas de vrais musulmans, ils ne suivent pas les vrais enseignements de l’islam comme la paix et la compassion, ce sont des ennemis de l’humanité", a expliqué le fondateur de l’association Active Change Foundation, Hanif Qadir, à nos confrères de Libération. S’adressant aux djihadistes et à leurs aspirants, il leur implore de réfléchir. "Vous ne pouvez pas être plus éloignés de la vérité. Revenez aux livres, revenez au Coran", leur demande-t-il.

Une logique malsaine

Pourtant, Corinne Torrekens, chercheuse au Germe (Groupe d'études sur l'Ethnicité, le Racisme, les Migrations et l'Exclusion) de l'ULB ne semble pas partager le même avis. Selon la chercheuse, "enjoindre les musulmans à dénoncer publiquement l'Etat islamique est une logique très malsaine. Cela ne fait que renforcer le lien entre Islam et terrorisme". Elle confie comprendre la démarche des initiateurs de la campagne "Not in my name" mais ne voit pas pourquoi les musulmans devraient forcément s'exprimer. "Demande-t-on aux catholiques de se désolidariser des prêtres pédophiles?", interroge-t-elle.

Rassurer

Brigitte Maréchal, la directrice du Cismoc (Centre Interdisciplinaire d'Etudes de l'Islam dans le Monde Contemporain) à l'UCL estime quant à elle qu’il est "important de rassurer les Occidentaux qui connaissent tellement mal les réalités vécues par les musulmans." Elle poursuit: "beaucoup de musulmans en ont marre de devoir sans cesse se justifier et je le comprends. (…) Mais certains terroristes agissent bien au nom de l'Islam. Il faudrait davantage critiquer la façon dont ils se réapproprient cette religion plutôt que de nier tout lien entre Islam et terrorisme", estime la spécialiste de l’UCL.

En août dernier, l'Exécutif des musulmans de Belgique avait publiquement condamné les crimes commis par l'Etat islamique. Beaucoup ont regretté que cette réaction officielle soit arrivée si tardivement. Les partisans de l’EI "n'ont rien à voir avec l'Islam qui, au contraire, prône des valeurs nobles de fraternité, de respect et de paix", avait déclaré l’Exécutif. Il avait appelé à "éviter l'amalgame: il entraîne si souvent toute la communauté musulmane qui est d'ailleurs la première victime de ces dérives". La Belgique compte environ 700.000 musulmans sur son territoire.

S.T. (avec Belga/RTL/Libération)


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