Le Conseil des droits de l'Homme de l'ONU a lancé, le 23 juillet dernier, une commission internationale d'urgence pour enquêter sur "toutes les violations" qui auraient été commises dans le cadre de l'offensive israélienne, où plus de 670 Palestiniens ont été tués. Un drame que partagent chrétiens et musulmans.
Depuis le 8 juillet dernier, la bande de Gaza est la cible de l'opération militaire 'Bordure protectrice" lancée par l'armée israélienne. Objectif: anéantir la force de frappe du Hamas. A ce jour, cette opération a déjà fait, côté palestinien, près de 700 mors, 4.000 blessés et plus de 10.000 déplacés. Un drame que partage chrétiens et musulmans. Selon Caritas Jérusalem, ils sont environ 1.300 à vivre sur ce territoire de 360 km². La majorité d'entre eux sont des chrétiens orthodoxes, même s'il y a aussi une toute petite communauté catholique, de moins de 300 personnes.
Noyés au sein de la population musulmane, ces chrétiens partagent les conditions de vie de leurs voisins: les coupures d'eau et d'électricité, les bombardements incessants, les problèmes d'approvisionnement, le sentiment d'insécurité, la peur, etc. "A Gaza, les musulmans et les chrétiens sont des frères", témoigne l'un d'entre eux dans les colonnes de "La Croix". "D'ailleurs, les relations entre les deux communautés sont très bonnes." D'après Caritas Jérusalem, l'école catholique, située à côté de l'église de la Sainte-Famille, accueille actuellement 800 déplacés et une école grecque orthodoxe en accueille 1.000. Preuve que la solidarité entre les deux communautés est bien une réalité.
Des attaques "disproportionnées"
Comme les musulmans, les chrétiens vivant à Gaza estiment contre-productive la politique menée à leur encontre par l'Etat hébreu. Les frappes militaires disproportionnées de Tsahal contre des civils ne font que renforcer leur volonté de défendre leurs droits. Lors d'une session extraordinaire demandée par les pays arabes, le Conseil des droits de l'homme de l'ONU a d'ailleurs adopté une résolution déposée par la Palestine. Celle-ci condamne "les violations généralisées, systématiques et flagrantes des droits de l'Homme et des libertés fondamentales" découlant des opérations militaires israéliennes menées depuis le 13 juin, dans les Territoires Palestiniens occupés, "en particulier la dernière offensive militaire d'Israël dans la bande de Gaza (...) qui a impliqué des attaques sans discrimination et disproportionnées (...) , qui peuvent constituer des crimes internationaux".
Une commission d'enquête
Le résolution demande "d'envoyer d'urgence une commission d'enquête indépendante, internationale" pour enquêter sur ces violations et invite les enquêteurs à dresser une liste des "violations et des crimes perpétrés" et "d'identifier ceux qui en sont responsables" en vue de les juger et de "mettre fin à l'impunité".
Parmi les 47 Etats membres du Conseil, seuls les Etats-Unis se sont opposés à la résolution palestinienne. Les pays européens, dont la France, l'Allemagne et la Grande-Bretagne, se sont abstenus, tout comme le Japon.
Pascal ANDRE (avec La Croix)
