Terre sainte : Appel de la commission Justice et Paix et de Caritas


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Terre sainte : Appel de la commission Justice et Paix et de Caritas
Par Jean-Jacques Durré
Publié le
4 min

GazaDevant la flambée de violences que connaît le Proche-Orient depuis quelques jours, la Commission Justice et Paix de l’assemblée des ordinaires de Terre Sainte a publié un document intitulé « Appel à un changement courageux ». Il exhorte à un changement radical dans le discours des dirigeants politiques, responsables selon elle de la dégradation de la situation.
La violence s’intensifie entre Israéliens et Palestiniens. Alors que des missiles continuent d’être tirés depuis la bande de Gaza vers des ville d’Israël, l’armée israélienne a intensifié le bombardements des positions du Hamas. Vingt-deux personnes ont perdu la vie mercredi et au total on déplore déjà près de 70 morts du côté palestinien.

Face à ce déchaînement de violence qui fait craindre une 3e Intifada, voire un embrasement généralisé d’une région déjà sous haute tension avec le conflit syrien, la Commission Justice et Paix de Terre Sainte à lancé un appel pour briser ce cercle infernal. « Notre espoir d’en finir avec le cycle de violence est brisé par le langage irresponsable de la punition collective et de la vengeance », dénonce la commission. « Beaucoup de responsables politiques manquent de volonté pour s’engager dans un véritable et significatif processus de dialogue, mais jettent de l’huile sur le feu par des mots et des actes qui nourrissent le conflit ».

Briser le cercle de la violence

La commission Justice et Paix accuse ainsi un véritable langage de la violence de la rue : en Israël, il est nourri par « des attitudes et des expressions d’autorités qui alimentent un discours de discrimination, en faisant la promotion des droits exclusifs d’un groupe et de l’occupation avec toutes ses conséquences désastreuses ».

« Ces responsables », écrivent les ordinaires de Terre Sainte, « semblent croire que l’occupation est le seul horizon mais brisent l’aspiration d’un peuple à la liberté et la dignité ». Mais la commission Justice et Paix dénonce également ceux qui, côté palestinien, cherchent à nourrir « un totalitarisme, une société monolithique, dans laquelle il n’y a pas de place pour la différence », et rappellent que « la résistance à l’occupation ne peut être assimilée au terrorisme ».

Il faut briser le cycle de violence par « des paroles responsables et une conversion des cœurs, par une parole prophétique des leaders religieux, et en cessant de voir en l’autre un ennemi ». Pour les ordinaires de Terre Sainte, la seule voie possible est le soutien aux responsables disposés à reconnaître que « Dieu a planté trois religions [en Terre Sainte] : le judaïsme, le christianisme et l’islam, et deux peuples : palestinien et israélien ».

Urgence humanitaire

De son côté, Caritas Jérusalem lance l’alarme à propos de l’urgence humanitaire qui incombe sur la population de Gaza. L’organisme soutient de nombreux projets et activités dans la bande de Gaza, y compris une clinique mobile et un centre sanitaire d’assistance psychologique pour les enfants dotés de membres artificiels suite aux amputations dues à de précédentes interventions militaires israéliennes. Toutes les activités ont été suspendues depuis le début des raids aériens. Les opérateurs de Caritas présents à Gaza se préparent à des interventions d’urgence qui pourront être réalisées seulement lorsque s’achèveront les incursions aériennes israéliennes et que la menace d’une intervention au sol sera conjurée.

Dans un communiqué parvenu à l’Agence Fides, Caritas Jérusalem condamne « la violence et les massacres d’innocents, en particulier ceux perpétrés contre des femmes et des enfants ». « La population de Gaza – souligne le communiqué – vit déjà dans une situation dramatique suite à l’embargo auquel elle est soumise depuis 12 ans et a souffert trois conflits en huit ans ». Le texte diffusé par Caritas Jérusalem réaffirme « le droit d’Israël de vivre en paix et des israéliens de vivre en sécurité » en sortant d’une condition toujours marquée par la peur mais affirme que ce droit ne pourra jamais être garanti « par la guerre et par l’agression contre des personnes innocentes ». La seule voie afin de parvenir à la paix et à la sécurité est « la justice et la résolution du conflit » qui peut avoir lieu seulement en reconnaissant au peuple palestinien le droit de vivre en liberté sur sa propre terre et en consentant que Gaza s’ouvre sur le monde.

Avec Radio Vatican et I. Media

(c) Photo: RV


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