La loi sur l’autorité parentale et intérêt de l’enfant (APIE) a été adoptée le 27 juin à l'Assemblée nationale en France. Déjà sujette à de nombreuses controverses, elle doit encore être présentée devant le Sénat.
Une "révolution anthropologique dont on ne mesure pas encore les conséquences", selon les députés UMP de l’Entente parlementaire pour la famille. Trois points, qui portent des germes de déconstruction de la famille, ont été âprement débattus:
- la double domiciliation de l’enfant (article 7) pour les gardes alternées. 4.400 professionnels de l'enfance avaient dénoncé en mai dernier le fait que cette situation va perturber gravement de jeunes enfants ne sachant plus où ils habitent.
- le "mandat d’éducation quotidienne" délivré au "tiers" (articles 10 et 12). Ces articles attribuent aux beaux-parents des droits et prérogatives sur l'enfant d'un premier lit, jusqu’à se le voir confier (article 11). L’adoption de cet article ouvre un nouveau modèle de multi-parentalité. Dans cette logique, un "beau-père" peut se substituer au père biologique.
- l’autorité parentale est également remise en question à travers une volonté de mettre parent et enfant au même niveau. Pour le député de l'Aube, Nicolas Dhuicq, "les adultes sont interchangeables avec les enfants. Au lieu de protéger les enfants, on leur donne la parole".
Un texte qui n’a fait l’objet d’aucune étude d’impact
Les députés craignent les conséquences d’un texte qui n’a fait l’objet d’aucune étude d’impact, malgré l’importance du sujet. Ni le conseil d’Etat ni le Haut Conseil pour la famille n’ont été consultés. Et en judiciarisant la vie familiale, en installant l’Etat dans les foyers, "en infantilisant les adultes, la confiance des familles et l’inventivité de la vie risque d’être bridée", a prévenu Nicolas Dhuicq.
A la sortie de l’hémicycle, Laurence Rossignol, la secrétaire d’Etat chargée de la famille qui défendait la proposition de loi a lancé à la presse: "Nous ne partageons pas la même vision de la famille". "C’est sûr, pour nous la famille est une chance", a conclu le député de l'Ain, Xavier Breton.
MVL d'après le magazine Famille chrétienne
