Après l’effondrement de l’Union soviétique et l’indépendance de la Mongolie, ce pays d’Asie centrale a établi des relations diplomatiques avec le Vatican en 1992. Depuis lors, le catholicisme bénéficie d’un regain d’intérêt, mais il se développe en terrain difficile. Analyse de l'AED, l'Aide à l'Eglise en Détresse.
En 1992, la Mongolie est à un tournant de son histoire. Le gouvernement postcommuniste démocratiquement élu invite l’Eglise catholique à entrer dans le pays. Les débuts sont laborieux: "Nous sommes partis de zéro", raconte Mgr Padilla, l’évêque d’Oulan-Bator. "Les premières messes furent célébrées dans un hôtel; ensuite, des appartements ont été loués et les premiers contacts avec les fidèles ont été noués par le truchement d’organisations internationales et d’ambassades."
Grand territoire peu peuplé
Les conditions de vie en Mongolie sont assez exceptionnelles: la superficie du pays équivaut à peu près à celle de l’Alaska, mais il n’a que 2,8 millions d’habitants. En hiver, les températures chutent jusqu’à moins 30 degrés, tandis qu’elles frisent les 30 degrés en été.
Environ 55% de la population pratiquent le bouddhisme, le taux de chrétiens se situe aux alentours de 2%. La majorité d’entre eux appartient à l’Eglise protestante. Le nombre de catholiques est extrêmement faible, tout en affichant une croissance certes lente, mais continue. Il y aurait aujourd’hui quelque 960 fidèles. Actuellement, 49 religieuses, 20 prêtres et 2 religieux œuvrent dans la préfecture apostolique d’Oulan-Bator. L’Eglise catholique gère 4 paroisses ainsi que des établissements scolaires et des institutions sociales expressément souhaités par l’Etat mongol. Lorsque le Vatican institua la préfecture apostolique d’Oulan-Bator en 2002, seuls 114 catholiques vivaient en Mongolie. Fin 2003, la cathédrale Saint-Pierre et Saint-Paul (photo) fut inaugurée dans la capitale. L’édifice rappelle une yourte, la tente traditionnelle des peuplades nomades d’Asie centrale.
En pleine mutation
Le bouddhisme est la première philosophie du pays. Comme toutes les convictions, il fut massivement persécuté à l’époque soviétique. La page se tourna après l’effondrement du communisme. Aujourd’hui, le bouddhisme fait partie intégrante de l’identité nationale pour de nombreux Mongols. Par contre, d’autres religions, telles que le christianisme, sont ressenties comme étrangères. L’évangélisation chrétienne n’est donc autorisée qu’à l’intérieur des bâtiments de l’Eglise. Les adolescents de moins de 16 ans ne peuvent participer à la catéchèse qu’avec l’autorisation écrite de leurs parents, les prêtres ne doivent pas pouvoir être reconnus comme tels en public. Toutefois, l’Eglise catholique continue de bénéficier de cet intérêt accru, même si Mgr Padilla observe une certaine fluctuation chez les catholiques: "La Mongolie est en pleine mutation. Les habitants se sédentarisent et vivent de moins en moins comme nomades. Et puis, il y a un matérialisme croissant; certains délaissent la foi et s’en détournent à nouveau." Pour l’évêque, il n’y a cependant aucune raison de négliger les initiatives pastorales, qui bénéficient d'ailleurs du soutien de l'AED. "Evidemment, beaucoup dépend de l’engagement des missionnaires, mais l’évangélisation a beaucoup de facettes. Quoi que nous fassions, que ce soit dans le social, l’éducation ou l’humanitaire, tout a un impact sur la société."
AED/SB
