Nations Unies : le Saint-Siège accusé de torture


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Nations Unies : le Saint-Siège accusé de torture
Mgr Tomasi confiant face au Comité ONU sur la torture. ...
Par Jean-Jacques Durré
Publié le - Modifié le
4 min

Mgr Tomasi confiant face au Comité ONU sur la torture. ...

Monseigneur Tomasi confiant face au Comité ONU sur la torture...

Après un "examen" bâclé devant le Comité des Nations unies pour les droits de l’Enfant, le Saint-Siège passait aujourd’hui devant le Comité contre la Torture. Mgr Tomasi se disait "confiant", mais les lobbies ont à nouveau voulu perturber le processus.

Il existe de nombreux traités et conventions internationales destinées à faire respecter les droits de l’Homme. Mais une fois que ce genre de texte est signé, comment s’assurer qu’il soit effectivement respecté sur le terrain?

La question a été résolue par la création – pour chaque traité international – d’un comité d’experts indépendants, chargé d’analyser périodiquement la situation des droits dans tel ou tel pays. Il existe donc un Comité pour les droits économiques, sociaux et culturels; un Comité pour les droits de l’enfant; un Comité pour l’élimination du racisme; etc. A chaque traité son comité. Deux fois par an, chacun de ces comités passe au crible entre trois et dix pays; les Etats signataires sont invités à présenter leur bilan et à répondre aux critiques émises par des ONG ou d’autres pays.

En tant que signataire de la Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants, le Saint-Siège était donc auditionné, ces 5 et 6 mai, par un Comité de dix experts indépendants chargés de vérifier l’application de cette Convention. Il ne s’agissait donc pas d’une enquête spécifique visant le Vatican, mais d’une procédure normale qui concerne aussi d’autres pays. A côté du Saint-Siège, figuraient d’ailleurs aussi Chypre, la Lituanie, l’Uruguay ou encore la Thaïlande.

Pourquoi un contexte si tendu?

Il y a quelques mois, le Saint-Siège avait été auditionné par un autre comité: celui pour les droits de l’Enfant. Mais deux événement étaient venus perturber le processus normal de l’audition. D’abord, la Représentation Permanente du Saint-Siège avait clairement bâclé le travail préparatoire, négligeant de fournir un dossier solide sur toutes les initiatives prises par l’Eglise contre la pédophilie. D’autre part, le Comité avait été manipulé par des lobbys luttant contre les religions ainsi que par le puissant lobby de l’avortement. Connaissant bien les astuces de procédures au niveau onusien, ces lobbys avaient manœuvré pour tronquer le rapport du Comité. Résultat: le rapport sur la pédophilie demandait à l’Eglise d’accepter… le mariage des prêtres, ordination de femmes-prêtresses et l’avortement!

Ce rapport tronqué avait été qualifié de "grande intolérance" par de nombreuses associations catholiques.

Dans un communiqué, le Bureau de presse du Saint-Siège met donc en garde le Comité contre les pressions idéologiques exercées par certains lobbys. Le communiqué, lu par le Père Lombardi, appelle à "un dialogue serein et objectif dans les limites des Conventions et de leurs buts. Faute de quoi, ces mêmes Conventions finiront par être dénaturées".

Cette mise en garde n’est pas exagérée: différents lobbys avaient tenté de trafiquer l’ordre du jour pour que les abus sexuels sur mineurs soient débattus lors de l'examen du Comité sur la torture… alors que cela relève du Comité des droits de l'enfant.

Mais la campagne contre l’Eglise ne s’encombre pas du respect des procédures légales. Cet après-midi, le tabloïd américain Daily Beast titrait déjà « Pour le Vatican, le viol d’enfant n’est pas une torture ».

Quel bilan pour le Vatican?

Cela reste le point principal: où en est le Saint-Siège dans les respect des droits de l’Homme?

Pour Susan Yoshihara, vice-présidente de l’ONG C-FAM: "Personne ne croit réellement que l’Eglise catholique torture les femmes par ses enseignements sur la contraception. Le Comité nuirait à sa propre réputation et à l’importance des droits de l’Homme en faisant de telles suppositions".

Tandis que pour le Solidarity Center for Law and Justice: "Depuis des siècles, le droit canon et les autres enseignements officiels de l’Eglise catholique ont autorité dans les sources des droits de l’Homme, la poursuite de la justice sociale et du bien-être individuel".

Le Représentant Permanent du Saint-Siège, Mgr Silvano Tomasi, a appelé les Etats à engager des poursuites judiciaires contre tous les individus soupçonnés de torture. En effet, dans de nombreux pays du monde, des actes de tortures restent dans l’impunité car les victimes n’osent pas porter plainte. Et sans enquête de la justice, la situation reste impunie.

Par ce discours, Mgr Tomasi lève un coin du voile sur une situation très hypocrite: le Vatican est bien plus mis sur la sellette que les Etats qui pratiquent réellement la torture.

M.B

Catégorie : International

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