Philippines : une Semaine sainte sous tension dans le sud du pays


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Philippines : une Semaine sainte sous tension dans le sud du pays
Par Pierre Granier
Journaliste de CathoBel
Publié le - Modifié le
2 min

Philippines- Mgr Martin JumoadUn évêque philippin de la province de Basilan a appelé les musulmans à "respecter la Semaine sainte". Depuis quelques jours, cette zone des Philippines est en proie à des affrontements violents entre les forces gouvernementales et des rebelles musulmans.

Les Philippines, pays "le plus catholique" en Asie, connaît depuis septembre dernier des accès de violence dans les provinces de Sulu, Basilan et Jolo où les gens sont davantage musulmans. Celles-ci se sont encore accrues récemment avec l'engagement des troupes du gouvernement dans des affrontements avec les combattants d’Abu Sayyaf, suite à une attaque par ces insurgés musulmans ayant causé deux morts et 29 blessés dans les rangs de l’armée.
Dans ce contexte, l'évêque d'Isabela a demandé un cessez-le-feu dans la province de Basilan. Sur cette île située dans la Région autonome en Mindanao musulmane, les chrétiens ne représentent que 27% de la population. Les troupes gouvernementales et les rebelles musulmans d’Abu Sayyaf, un mouvement séparatiste, s’y affrontent de nouveau depuis quelques jours.
"J’appelle nos frères musulmans à bien vouloir respecter la Semaine Sainte", a déclaré Mgr Martin Jumoad, dans une émission radio. "Tout comme nous respectons le Ramadan, j’espère aussi que les musulmans respecteront la Semaine Sainte".

Pas de trêve pour le chef des armées

Les forces gouvernementales devraient cependant poursuivre leur chasse aux rebelles. Le chef d'Etat-major de l'armée philippine a en effet déclaré le 15 avril, qu’il n’y aurait aucun ralentissement des opérations militaires dans le sud du pays. "Nous continuerons à pourchasser Abu Sayyaf. Il n’y aura pas de trêve", a souligné le Général Bautista.
Les affrontements qui ont commencé dans la ville de Tipo-Tipo, le 11 avril dernier, ont fait au moins 20 morts et 45 blessés, en majorité des combattants musulmans d’Abu Sayyaf, et provoqué le départ de milliers de personnes, selon UCA News, une agence catholique asiatique d'informations.
Les forces Philippines sont en particulier à la recherche du commandant des combattants d'Abu Sayaf, Furuji Indama, qui est aussi soupçonné du meurtre de 14 soldats de la Marine, lors d’une embuscade en 2007, et d’attaques et enlèvements perpétrés dans une plantation de caoutchouc à Maluso, ville du sud de l’archipel. Une prime de 3,3 millions de pesos philippins (75.000 dollars US) est d'ailleurs offerte en retour de sa capture.

P.G.

(photo AED)

 

Catégorie : International

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