La Chambre a voté la proposition de loi par 86 voix sur 150 dans une atmosphère lugubre.
Jusqu’au bout, les tenants de l’euthanasie des enfants auront refusé le débat, dans les médias ou au parlement. Après le refus d’un débat contradictoire en radio par Mme Herremans (présidente du lobby de l’euthanasie) ; après l’absence de la ministre Laurette Onkelinx de toutes les séances de la Chambre sur ce dossier, la Chambre a voté la proposition de loi. Ce refus catégorique du débat laisse un profond sentiment de malaise, peu importe les clivages philosophiques.
Les observateurs auront remarqué les incohérences entre députés : certains assurant la main sur le cœur que le contrôle de l’euthanasie se déroulait parfaitement, d’autres signalant qu’en dix ans, aucun dossier n’avait jamais fait l’objet de poursuites.
Le vote a finalement été acquis par 86 voix pour, 44 contre et 12 absentions. Un silence de mort enveloppait l’hémicycle lors du vote solennel, interrompu par un cri déchirant lancé du public : "Assassins !"
A l’extérieur, une quinzaine de personnes veillaient silencieusement devant le Palais de la Nation. Dès la fin du vote, la police de Bruxelles-Capitale arriva en nombre et emmena les pacifiques citoyens en garde à vue. Leur calme et leur politesse permit leur libération vers 23h.
Que va-t-il se passer maintenant ? Certains se remémorent le rôle du Roi Baudouin en 1990, en espérant que S.M. le Roi Philippe refuse d’accorder la sanction royale à l’euthanasie des enfants. Mais le système belge fait du roi le simple "notaire" du gouvernement, l’obligeant à signer sans rechigner toute loi votée par les chambres. Petit rappel historique : en 1990, le Roi Baudouin n’avait pas refusé de signer la loi sur l’avortement, mais avait choisi une parade en estimant qu’il était incapable d’exercer ses fonctions ce jour là. Le gouvernement avait donc signé à sa place la loi dépénalisant l’avortement. Une situation qui ne pourrait pas se renouveler aujourd’hui, car ce geste mettrait la monarchie en porte-à-faux avec le monde politique. Une erreur que les partis séparatistes utiliseraient comme arme ultime contre le jeune roi.
Le vrai problème n’est pas la loi en elle-même, mais l’état moral de notre société estimant que des enfants malades n’ont plus assez de dignité pour vivre.
M. B.

