A l’occasion de la troisième conférence de presse de son quinquennat, le Président de la république française s'est essentiellement attaché, pendant près de deux heures et demie, à clarifier sa politique sociale-démocrate. Mais il a également abordé un certain nombre de questions qui préoccupent les communautés chrétiennes et évoqué sa prochaine visite au Vatican.
C'est dans un contexte évidemment très particulier, à la suite des révélations sur sa vie privée, que François Hollande a mené cette conférence de presse à laquelle 600 journalistes (!) ont pris part. Au cours de celle-ci, le président français s'est surtout appliqué à défendre sa politique, niant opérer un virage sur le plan socio-économique pour préférer parler d'accélération et d'approfondissement, en particulier concernant la lutte contre le chômage, grâce notamment à un pacte de responsabilité proposé aux entreprises, après le pacte de compétitivité annoncé en novembre dernier. Mais, chose rare dans cet exercice de communication, de nombreuses questions concernant l’Eglise catholique et les communautés chrétiennes en général, sont revenues à plusieurs reprises.
En particulier le fait que le président de la République ait dénoncé non seulement l’antisémitisme et les actes d’islamophobie mais aussi et, pour la première fois aussi explicitement, "des actes antichrétiens" commis en France. Et de fustiger, sans les nommer, les militantes des Femen, "ces personnes qui pensent qu’on peut aller s’exhiber dans les lieux de culte et commettre des actes qui heurtent profondément les consciences des croyants".
François Hollande au Vatican le 24 janvier
Le président de la République a aussi directement évoqué sa visite au Vatican, le 24 janvier prochain, pour son premier entretien avec le pape. Le chef de l’Etat a expliqué que le pape François "peut être utile" et "précieux" sur plusieurs dossiers: la Syrie, la négociation entre Israéliens et Palestiniens, les Chrétiens d’Orient, mais aussi sur la conférence mondiale sur le climat qui sera organisée par la France en 2015. "Le climat, c’est la nature, c’est aussi l’humanité et le pape peut être un acteur majeur et utile dans le cadre de ces négociations", a estimé le président Hollande.
Après le mariage pour tous, le suicide assisté
En revanche, il n'a pas indiqué que les questions sociétales seraient aussi évoquées lors de cette entrevue avec le Souverain pontife, notamment celle concernant la fin de vie. Sur ce sujet, le président n'a pas caché son intention de vouloir trouver le consensus le plus large possible mais aussi d'aboutir à une loi sur l'euthanasie dès cette année. Mais en parlant "d'assistance médicalisée" pour les personnes qui estiment souffrir d’une souffrance psychique ou physique insupportable, c'est plutôt de suicide assisté dont il s'agirait. Ce qui ne manquera pas de refaire descendre dans la rue les catholiques de France, et ce, dès le 19 janvier prochain.
P.G. (avec La Vie et La Croix)
