Un kot-à-projet de Louvain-la-Neuve a réalisé un micro-trottoir dans lequel les passants doivent dire les mots qui leur viennent en tête au sujet des différentes religions. Résultat: les catholiques sont vus comme "coincés" et les juifs comme "radins".
Entre préjugés et a priori négatifs, il n’y a qu’un pas. On est en effet saisi du ton négatif qui ressort des interviewés. Les fidèles catholiques sont ainsi décrits comme "les petites dames qui amènent leurs gâteaux à la paroisse". Et la description n'est pas meilleure pour les autres religions: si l’islam est fréquemment amalgamé avec le voile islamique, le judaïsme fait l’objet de mots très durs. "Les juifs sont radins: il n’y a qu’à regarder à Anvers, tous les diamantaires sont juifs", ose un jeune.
Un discours étonnant dans une cité universitaire qui jouit d’une réputation de ville très ouverte.
"Nous sommes un kot-à-projet basé sur l’interreligieux et l’interculturel, nous faisons une série d’activités sur les différentes religions, dans le but de les découvrir." nous explique Sophie Doraene, responsable du Kapharnaüm, qui a réalisé la vidéo.
"Cette vidéo était faite pour provoquer la discussion"
"Cette vidéo était destinée à une conférence inter-spirituelle dans laquelle nous avons pu avoir l’avis de différents représentants religieux sur ces stéréotypes." Durant cette conférence, les raisons des a priori ont pu être expliquées.
Mais ce qui interpelle surtout, ce sont les ressemblances entre les stéréotypes. On est également frappé du manque de connaissances des personnes interviewées sur les différentes religions. L’étiquette de "cathos coincés" est également paradoxale, dans une ville où la messe des étudiants fait église comble tous les mercredis soir… sans compter les kots-à-projet chrétiens.
Néanmoins, Sophie Doraene préfère rester ouverte: "Nous n’avions pas de préjugés sur les personnes qui avaient des préjugés – si l’on peut dire – mais nous voulions souligner le manque de connaissance des gens."
M. B.
