Ce dimanche 1er décembre, les Croates étaient appelés aux urnes pour décider si la Constitution devait définir le mariage comme l’union d’un homme et d’une femme. Invités à répondre à la question "Etes vous favorables à l’introduction d’une clause dans la Constitution de la République de Croatie définissant le mariage comme l’union à vie d’une femme et d’un homme?", 65% des électeurs ont dit "oui".
Véritable cas d’école de la démocratie directe, ce référendum avait été demandé à la suite d’une pétition populaire de près de 750.000 citoyens, un record dans ce pays de 4 millions d’habitants. Cette pétition avait été lancée il y a quelques mois par un collectif d’associations baptisé "Au nom de la famille". La présidente du collectif Zeljka Markic résume le sentiment général qui court parmi la population: "Les Croates ont le droit de dire si pour eux le mariage est l’union entre un homme et une femme." C’est donc la solution la plus démocratique qui a été retenue.
Les ONG applaudissent
L’organisation de défense des droits de l’Homme European Dignity Watch a salué l’écrasante majorité obtenue par les partisans du mariage et relevé que le risque était réel de glisser d’une conception du mariage naturel comme "pierre d’angle de la civilisation" vers un concept totalement "arbitraire". Les associations catholiques s’étaient également prononcées en faveur de la définition du mariage homme-femme dans la Constitution.
Du côté des partis politiques, le HDZ (parti de centre-droit qui avait obtenu l’indépendance en 1991) s’est engagé en faveur du "Oui", tandis que le gouvernement de centre-gauche appelait à voter contre. Les citoyens croates n’auront donc pas suivi leur gouvernement et ont fait preuve d’une grande indépendance d’esprit. Comme l’a reconnu le président de la république Ivo Josipovic "La question est d’ordre éthique", il était donc normal de consulter directement les citoyens.
Du côté de certaines associations LGBT, on a préféré stigmatiser les électeurs en les accusant de collusion avec l’extrême-droite. En effet, le petit parti radical HRAST (non-représenté au parlement) s’était également prononcé en faveur du mariage dit traditionnel.
Pas de changements pour les couples homosexuels
En 2003, la Croatie reconnaissait le droit pour les couples gays et lesbiens de bénéficier des mêmes avantages que les couples hétérosexuels. Avant, les couples de même sexe ne pouvaient pas bénéficier des même droits civils ou patrimoniaux que les autres.
Les couples de même sexe peuvent donc vivre leur vie normalement et aucun droit ne leur sera retiré, mais le terme de "mariage" restera réservé aux couples hommes-femmes.
M.B.

