Après plus de deux ans, le synode diocésain de Tournai s’est donc achevé le 30 novembre par la promulgation des décrets. Ceux-ci vont modifier à la fois la structure du diocèse, mais aussi donner une plus grande place aux femmes et se pencher sur les jeunes, les familles, la communication et les lieux de prières.
Que retenir des décisions prises à la suite des travaux du synode diocésain de Tournai ? Si – on s’en doutait - toutes les recommandations faites aux cours des assemblées synodales et des groupes de travail n’ont pu être retenues, il n’en reste pas moins vrai que celles qui ont fait l’objet d’un décret promulgué par l’évêque, vont considérablement changer la structure de l’Eglise en Hainaut et son mode de fonctionnement.
Première mesure importante : d’ici 2018, les 49 unités pastorales deviendront 49 paroisses nouvelles, qui composeront l’ossature du diocèse. Cette question de l’avenir des paroisses est peut-être la plus sensible, reconnaît l’évêque, qui s’est basé sur la demande du synode pour que l’unité pastorale soit le « niveau de base » de la vie en Eglise. L’ensemble des communautés qui forment aujourd’hui l’unité pastorale formera donc dans le futur une seule et même paroisse, avec un curé, une Equipe d’Animation Pastorale (EAP), un seul conseil pastoral, une unification des structures d’ASBL ou de Fabriques d’Eglise. Le processus de regroupement débutera dès septembre 2014 pour s’achever le 31 août 2018.
Des femmes à tous niveaux
Autre « révolution », si l’on peut dire, c’est la place des femmes au sein des structures de l’Eglise diocésaine. C’était une demande de l’assemblée synodale d’intégrer des femmes à tous les niveaux de responsabilité dans la vie diocésaine. Mgr Harpigny en a tiré les conséquences. Il demande donc que soient intégrées des femmes à tous les niveaux de gouvernance, y compris au sein du conseil épiscopal. Avec en prime, l’objectif de viser à une parité entre hommes et femmes.
Mais, l’assemblée synodale n’a pas voulu se limiter qu’à cet aspect. Elle a aussi mis en avant trois thématiques : la famille, les jeunes, la communication. Pour les jeunes et les familles, des « mini-synodes » seront organisés, respectivement en 2015-2016 et en 2016-2017. Par ailleurs, conscient de la nécessité de communiquer, à la fois en interne et en externe, un groupe de travail composé d’experts sera mis en place, sous la houlette du Vicaire général, Olivier Fröhlich pour mettre en place une stratégie et les outils nécessaires.
La troisième partie des décrets porte sur le fait que l’Eglise, c’est aussi le peuple de Dieu et les personnes. D’où l’importance de la messe dominicale, soulignée par le décret, avec comme question : comment faire pour que tous puissent y prendre leur place ? Le synode invite aussi à la vie spirituelle personnelle et à la prière, tout en insistant sur la diversité des chrétiens ; des femmes et des hommes ; des laïcs, des consacrés et des ministres ordonnés (prêtres ou diacres) ; des permanents et des bénévoles… Les décrets font diverses propositions pour que chacun se sente reconnu dans ses choix de vie et dans ses engagements.
Un « lieu-source » par paroisse nouvelle
L’assemblée synodale a régulièrement souligné l’importance d’avoir des lieux, de vie et de célébration, des lieux où l’on puisse être accueilli, se rencontrer, prier. Les églises sont le premier lieu de rassemblement de la communauté, mais il est nécessaire d’avoir d’autres lieux : chaque « paroisse nouvelle » veillera à offrir un « lieu-source », c’est-à-dire un lieu où l’on puisse faire une halte spirituelle. Au niveau diocésain, les maisons ou les communautés qui déjà exercent cet accueil seront encouragées. Et Mgr Harpigny propose la création d’une maison diocésaine de la prière : ce sera un lieu de recueillement et d’approfondissement de la vie spirituelle.
J.J.D.
(c) Photo: Thomas Leclercq - Diocèse de Tournai

