Le Président russe Vladimir Poutine est reçu officiellement au Vatican ce lundi. C’est la première fois que les deux hommes se rencontrent.
Audience de chef d’Etat, avec gardes suisses et échange de cadeaux, cette rencontre russo-catholique pourrait être une de ces petites représentations dont la diplomatie a le secret: beaucoup d’apparat mais aucun résultat. Et pourtant, les deux hommes ne peuvent rien l’un sans l’autre sur plusieurs dossiers.
Au menu: la Syrie et les Uniates
Les deux chefs d’Etat partagent une volonté de faire avancer le dossier syrien; ils se sont tous les deux engagés en faveur de la paix dans la région et pour une protection de la minorité chrétienne.
Le pape François avait posé un geste fort en organisant une veillée de prière et en appelant au jeûne le 7 septembre dernier. Il avait même écrit au président français François Hollande pour qu’il recherche plutôt une solution pacifique en Syrie. La Russie, quant à elle, a fait usage de son influence comme membre permanent du Conseil de sécurité des Nations Unies pour éviter des opérations militaires occidentales en Syrie. Une position qui avait été fort critiquée par les Etats-Unis et la France, partisans d’une confrontation militaire avec le régime syrien.
Grosse pierre d’achoppement: les Uniates. Ces catholiques d’Ukraine qui reconnaissent l’autorité du pape après avoir été mis sous la coupe de l’Eglise orthodoxe russe durant le régime soviétique. Cette situation agace très fort Moscou, où les liens entre le gouvernement et l’Eglise orthodoxe sont plus forts que jamais. Une visite papale dans la Sainte Russie reste inconcevable pour les orthodoxes sans que cette question ne soit réglée.
Un climat tendu entre orthodoxes et anglicans
Cette rencontre intervient dans un contexte plutôt tendu entre l’Eglise orthodoxe russe et les autres confessions chrétiennes. En effet, la semaine dernière, le patriarcat de Moscou a haussé le ton face aux suggestions de l’Eglise anglicane d’ordonner des "femmes-évêques". Selon le métropolite Hilarion, responsable du dialogue œcuménique, cela briserait la succession apostolique ininterrompue depuis les apôtres et ferait donc basculer l’Eglise anglicane dans le courant protestant, avec qui les orthodoxes partagent bien plus de désaccords que de points de dialogue.
Une situation à laquelle le pape François ne restera pas sourd, lui que l’on dit très sensible à l’unité avec les orthodoxes.
M.B.
