La richesse de l’Eglise allemande fait débat


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La richesse de l’Eglise allemande fait débat
Par Jean-Jacques Durré
Publié le - Modifié le
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Mgr Franz-Peter Tebartz-van Elst 2Lundi 21 octobre, le pape François a reçu en audience Mgr Franz-Peter Tebartz-van Elst (photo), le très dépensier évêque de Limburg (sud-ouest) qui fait scandale dans son pays. A l'heure actuelle, on ignore toujours le sort qui sera réservé à ce dernier, puisque rien n'a filtré de cet entretien. De son côté, l'Eglise catholique craint que la polémique soulevée par cet évêque ne lui fasse à nouveau perdre des fidèles.

Le service de presse du Vatican a indiqué dans un bref communiqué, et sans autres détails, que le pape avait reçu dans la matinée du 21 octobre plusieurs personnalités, dont Mgr Tebartz-van Elst et le cardinal Joachim Meisner, archevêque du très puissant diocèse de Cologne, et réputé proche de l'évêque de Limburg, qui défraye actuellement la chronique dans son pays. De toute façon, lors de sa rencontre avec le pape, le 17 octobre dernier, Mgr Robert Zollitsch, président de la Conférence épiscopale allemande, avait indiqué que rien ne serait décidé avant la fin des travaux d'une commission nommée par l'Eglise allemande pour enquêter sur les dépenses de l'évêché.

Des structures opaques

Cette affaire a bien sûr attisé la curiosité des médias allemands et poussé une large partie des 27 diocèses de ce pays à rendre public leur patrimoine afin de ne plus entretenir de soupçons sur leur train de vie. L’hebdomadaire "Der Spiegel" a scrupuleusement étudié les déclarations des évêchés, et conclu qu’ils dissimulaient des millions d’euros de patrimoine via des structures opaques. Une partie de leur fortune irait dans des caisses dont l’existence était jusqu’alors inconnue. Rien que dans le diocèse de Limburg, 300 millions d'euros issus des recettes de l'impôt religieux auraient été transférés ces 65 dernières années vers des structures opaques. Et "dans les archevêchés particulièrement aisés de Cologne, de Munich et Frisingue, les directeurs financiers eux-mêmes ignorent l’ampleur du patrimoine de l’archevêché", relève le magazine.

Un impôt cultuel

Des révélations qui risquent évidemment d'entraîner de nouvelles sorties d'Eglise. A peine remise des scandales de pédophilie qui l'avaient durement touchée entre 2010 et 2012, l'Eglise catholique allemande craint en effet que la polémique soulevée par Mgr Franz-Peter Tebartz-van Elst ne lui fasse à nouveau perdre des fidèles. Or, il faut que les contribuables enregistrés comme catholiques ou protestants soient soumis à une retenue sur salaire, correspondant selon les Länder (Etats régionaux) entre 8 et 10% de l'impôt sur le revenu. Les services fiscaux reversent ensuite les sommes collectées aux différents cultes. A titre d'exemple, les 23 millions d’Allemands enregistrés comme catholiques ont rapporté, via l’impôt religieux, 5,2 milliards d’euros à l’Eglise en 2012.

Si ce mode de financement assure à l’Eglise catholique allemande des ressources stables et confortables, la baisse continue du nombre de fidèles depuis plusieurs années risque bien de fragiliser ses finances.

P. A. (avec Apic, La Croix, La Vie)


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