La crise et la précarité ont eu pour conséquence une importante hausse des placements de compteurs à budget pour la distribution du gaz et de l'électricité. Mais cela se traduit par un coût de moins en moins supportable pour les gestionnaires de réseaux. Le ministre Nollet veut agir sur d'autres leviers pour retarder l'installation de tels compteurs.
Au 31 décembre 2012, 112.381 compteurs à budget électriques étaient répertoriés en Wallonie dont la moitié (57.000 environ) sont activés. Pour le gaz, 35.850 compteurs à budget sont installés et plus de 20.000 activés. Soit d’initiative (parce que les consommateurs n’arrivent pas à gérer leur consommation eux-mêmes), soit à la demande des fournisseurs (parce que les consommateurs ne paient pas leurs factures, y compris après les rappels).
Ces dernières années, avec la crise, le nombre de placements de tels compteurs s'est emballé: de 4.000 en 2007, on est passé à 13.600 en 2009… et la demande est toujours soutenue. Ce qui pose un problème de coût pour les gestionnaires de réseaux (GRD) qui prennent à leur charge l’installation de ces compteurs pour les clients protégés en défaut de paiement (pour les autres, l’installation est plafonnée à 100 euros pour l’électricité et 150 euros pour le gaz).
Renforcer les mesures sociales
Conscient de la problématique du coût (21,7 millions pour le placement des compteurs à budget électriques, 10,7 millions pour le gaz), le ministre de l’Energie, Jean-Marc Nollet, a décidé d’intégrer, dans le futur décret électricité, une procédure d’encadrement du placement afin de retarder le moment fatidique du placement d’un compteur à budget.
Pour cela, il est envisagé de renforcer les mécanismes de protection de la clientèle précarisée et d'améliorer la procédure de défaut de paiement. Différentes mesures sociales seront donc prises. Elles devraient permettre, notamment, d’adapter les factures d’acompte ou encore de transférer automatiquement les clients protégés vers les GRD afin que ces clients bénéficient d’un tarif social spécifique (en résiliant le contrat avec le fournisseur commercial sans indemnité).
Le ministre veut également élargir les catégories des clients protégés et imposer une procédure permettant de conclure un plan de paiement raisonnable et adapté à la capacité financière des clients fragiles. Dans ce cas, la procédure de placement d’un compteur à budget ne serait activée qu’en cas de non-respect du plan de paiement. Le rôle des CPAS serait alors renforcé pour accompagner ces clients dans la négociation de leur plan d’apurement.
P.G (avec l'Avenir)
