Giel ne peut toujours pas quitter la Belgique


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Giel ne peut toujours pas quitter la Belgique
Par Jean-Jacques Durré
Publié le - Modifié le
2 min

bouddhismeL'adolescent de 15 ans qui devait s'envoler pour l'Inde afin d'y suivre une formation pour devenir moine bouddhiste ne pourra pas partir, a décidé la cour d'appel de Gand.

Ce lundi 7 octobre, la chambre de la jeunesse de la cour d'appel de Gand n'a pas autorisé Giel, l'adolescent de 15 ans qui espérait se rendre en Inde pour suivre une formation bouddhiste, à quitter la Belgique. Pour elle, "la question continue à se poser de savoir si le mineur est en état de réaliser les conséquences de sa décision". Celui-ci sera donc suivi pendant trente jours par un centre d'observation et d'orientation à Eeklo, afin d'étudier la situation familiale et l'environnement dans lequel vit et grandit l'adolescent. Il semble en effet que ce dernier ne respecte pas la réglementation en matière d'obligation scolaire et accuse un certain retard.

L'avocat de la maman de Giel relativise toutefois l'obligation imposée au jeune homme d'être suivi par un centre d'orientation. Pour lui, il s'agit de "la plus légère mesure" qui pouvait être prise à son encontre. "Qu'est-ce que 30 jours dans une vie", a-t-il fait remarquer, minimisant par ailleurs le retard scolaire de l'adolescent. Ces nouvelles mesures étant temporaires, l'avocat espère que Giel pourra tout de même partir en Inde à l'issue de la période de trente jours.

Un ado isolé du monde?

En fait, c'est l'oncle de l'adolescent qui serait à l'origine de la décision de réexaminer le dossier. Selon lui, Giel est trop jeune pour avoir pris une telle décision. "Mon neveu est une victime", a-t-il déclaré à la presse, "car il est maintenu isolé du monde qui l'entoure. Je pense qu'il doit pouvoir évoluer dans un environnement sain et nouer des liens avec d'autres jeunes de son âge. J'espère que l'intervention des autorités pourra remédier à cela."

Une maturité à géométrie variable

Il n'est évidemment pas question, ici, de contester la décision de la cour d'appel de Gand, mais on peut quand même se demander pourquoi la justice estime que Giel n'est pas suffisamment mûr pour partir en Inde et y devenir moine bouddhiste, alors que le Parlement envisage d'étendre le droit à l'euthanasie aux mineurs. La décision de mettre un terme à sa vie n'est-elle pas bien plus lourde d'implications que celle de répondre à une aspiration spirituelle? La question mérite d'autant plus d'être posée que la Belgique a eu toutes les peines du monde d'empêcher des ados de partir combattre aux côtés des résistants syriens. La maturité serait-elle à géométrie variable dans notre pays?

Pascal ANDRE

Catégorie : Belgique

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