Selon une étude présentée par la Fédération des CPAS wallons, la priorité des publics précarisés est d'avoir un logement. Avoir un emploi n'arrive qu'en dixième position.
Commandée par le ministre wallon du Développement durable, l’étude a été présentée le 24 septembre à Namur, à l’occasion de la journée de la Fédération des CPAS et du Mouvement "Lutte Solidarité Travail" (LST). Intitulée "Public précarisé: le choix des dimensions prioritaires", cette enquête s’inscrit dans le cadre du développement, par le gouvernement wallon, d’indicateurs complémentaires au produit intérieur brut (PIB).
Pour cette étude, 80 personnes (regroupées en sept groupes) issues des cinq provinces wallonnes, ont été sondées quant à 10 dimensions prioritaires parmi les 18 présentées par l’Institut wallon de l’évaluation, de la prospective et de la statistique (Iweps). Il en ressort que sur certains points, les publics précarisés ont une vision des choses bien différentes de celle du citoyen lambda. C'est en particulier le cas pour le logement.
Le toit, ancrage indispensable pour aller vers l'emploi
Avoir un toit est en effet LA priorité des plus pauvres, alors qu'il ne s'agit que de la 8e préoccupation pour les personnes qui ne sont pas dans la précarité. "Le logement est l’ancrage stable. C’est à partir de là qu’il est possible d’aller vers l’emploi et le lien social" , explique Ricardo Cherenti, coordinateur de la Cellule insertion professionnelle.
Vient ensuite la santé (deuxième priorité, partagée par les sept groupes de cette étude) puis le niveau de vie, si faible qu'il n'autorise aucun imprévu.
La question des équilibres économiques est également une question qui tient à cœur les plus pauvres. Ceux-ci considèrent comme anormal le fait qu’avoir un emploi puisse parfois se traduire par perdre de l’argent.
Quant à la justice et l'équité, c' est la cinquième dimension prioritaire pour les personnes précarisées qui déplorent l’existence d’une justice à deux visages: une pour les riches et une pour les autres…
Dans le même ordre d'idée, ces personnes croient peu à l'égalité des chances (8e place) et estiment que la pauvreté se reproduit, qu'on n’y échappe pas et que le statut s’affiche comme un stigmate, les pénalisant notamment dans la recherche d'un logement.
Trop tard pour se former
Les plus pauvres sont également moins attachés aux questions d'éducation et de formation (6e position), pensant que pour eux c’est trop tard… C'est en nette rupture par rapport au citoyen lambda qui fait de l’éducation sa première priorité.
Parmi les derniers points exprimés, figurent le respect de l'environnement et du cadre de vie ainsi que la mobilité, afin d'aller travailler, se rendre à une formation, ou rencontrer le groupe de parole…
Enfin, c'est avec l'emploi que se clôture cette liste des 10 priorités pour les plus pauvres. Se débattant au quotidien pour arriver à "joindre les deux bouts", trouver un travail ne passe plus au premier rang pour eux alors que cette préoccupation est en troisième position (après l’éducation et la santé) des priorités exprimées en général.
P.G.
