Une existence prospère à l’abri des violences et de la faim, c'est l'aspiration profonde de toute une population à l'est de la République Démocratique du Congo, car ce pays, où se succèdent les crises en tout genre, vit dans une continuelle inquiétude quant à son avenir. Caritas International entend soutenir ce peuple au bord du désespoir avec sa campagne "#hopeforgoma".
Officiellement lancée le 13 septembre dernier, la campagne de Caritas International bat son plein. Les courriers arrivent dans les boîtes aux lettres des donateurs tandis que l'abbé Oswald Musoni, directeur de Caritas Goma, arpente la Belgique pour sensibiliser à la cause de cette région de l’est du Congo qui souffre depuis vingt ans de violations massives des droits de l’homme.
Les premiers conflits politiques ont vu le jour en 1993 entre différents groupes ethniques, et depuis lors, de nombreuses guerres civiles ont semé la violence et la peur dans la région. Cette situation instable continue aujourd’hui. "Durant des décennies, cette agitation a entraîné des mouvements massifs de populations (un million de personnes déplacées dans la seule province du Nord Kivu). Le tissu économique et les infrastructures sociales ont été détruits, les droits de l’homme ont été violés, les agriculteurs ont été démunis et les champs abandonnés", explique l'abbé Musoni. L'association, avec le soutien de Caritas International et d’autres partenaires, est présente aux côtés des populations déplacées et des groupes les plus vulnérables dans six camps aux alentours de Goma.
Un soutien tout azimut
Rien ne fait peur à Caritas. Forte d'une longue expérience de terrain, l'ONG prend à bras le corps tout type d'intervention dans des domaines aussi diversifiés que l'aide d'urgence, la sécurité alimentaire, la justice ou les soins de santé. L'aspect le plus visible de l'aide pourvue par Caritas est sans conteste la distribution de produits alimentaires et non-alimentaires, mais à Goma, comme dans bien d'autres régions embourbées dans les conflits, Caritas œuvre avec les populations déplacées à des projets d’avenir, synonymes de développement durable pour la région. "Nous améliorons la qualité de l’éducation, nous offrons des micro-crédits aux entrepreneurs pauvres ou nous aidons les soldats démobilisés à retrouver une place dans la société", précise Oswald Musoni. "Maintenant, il y a plus d’hôpitaux, les femmes enceintes et les nouveau-nés ont plus de chance de survivre. Les femmes victimes de viol et les enfants soldats reçoivent un soutien psychosocial."
They have a dream…
Et l'abbé de poursuivre: "Depuis déjà vingt ans, nous travaillons dur pour éloigner la population de la misère. Depuis vingt ans, nous contribuons au bonheur de ces gens, sensible à leurs souffrances. Mais le cœur du problème n’est pas assez pris en compte. Plutôt que les sacs de farine de maïs que nous leur donnons, ces gens ont besoin d'autre chose. Leur rêve? La paix pour tout le monde dans la région."
S.B.
(photo: Isabel Corthier)
A écouter :
L'interview de l'abbé Oswald Musoni:
L'interview de Franck De Coninck, président de Caritas Belgica et ancien ambassadeur en RDC et au Rwanda:

