Le 18 février dernier, le pasteur Samuel Kobia, ancien secrétaire général du Conseil œcuménique des Églises, a rendu hommage aux organisations œcuméniques – et en particulier au COE – pour leur contribution au "miracle" de l'indépendance du Sud-Soudan.
"En 2009, les Églises du Soudan s'étaient rendu compte que les préparatifs [du scrutin] ne se déroulaient pas comme prévu", a-t-il expliqué. "C'est pourquoi nous avons appelé la communauté œcuménique internationale à voler au secours l'Accord de paix global (CPA)."
Celle-ci a rapidement pris en main quatre problématiques: veiller à ce que toutes les parties au CPA restent engagées à organiser le référendum comme prévu, créer une atmosphère de paix pour le scrutin dans l'ensemble du Sud-Soudan, promouvoir une unité d'intention en faveur du scrutin, et mettre en place un important travail d'éducation civique. "Pour la plupart des Soudanais, cette élection était une première", a expliqué le pasteur Kobia, "c’est pourquoi les Églises avaient déployé 350 observateurs. À ma connaissance, on n’a jamais surveillé d'aussi près un scrutin."
Et demain ?
Désormais, les regards tournés vers le 9 juillet 2011, date à laquelle commencera l'édification de la nation sud-soudanaise. L'ancien secrétaire général du COE a formulé huit enjeux à aborder dans le sillage du référendum. Ces huit enjeux portent notamment sur un second référendum à Abyei, territoire riche en pétrole coincé entre le Nord et le Sud du Soudan, la poursuite de la démarcation de la frontière, un accord sur le partage de la manne pétrolière, la gestion de l'eau, les dettes, les accords de citoyenneté, les arrangements internationaux et les accords en matière de sécurité. Après avoir participé activement au processus de paix, les Églises doivent désormais "entamer un processus de discernement quant à la façon d'accompagner dans la solidarité le peuple dans l'édification de sa nation", a-t-il ajouté.
Inquiet pour les chrétiens du Nord
Par ailleurs, il s'inquiète du sort des chrétiens au nord, où un renforcement de la loi islamique, la charia, semble inévitable. "Khartoum souhaite que les chrétiens n'aient aucun droit au nord", a-t-il déploré. "De nombreuses Églises et écoles chrétiennes sont vides aujourd'hui, mais il reste une communauté chrétienne dynamique au nord. C'est pourquoi nous nous concertons pour déterminer comment soutenir au mieux nos frères et sœurs du nord du Soudan." (PA/CtB/WCC)

