Bon nombre de décès à l'hôpital pourraient avoir lieu ailleurs. C'est ce que révèle une étude de l'Agence intermutualiste. Il faudrait pour cela développer davantage les soins palliatifs à domicile ou en maison de repos. Ce qui coûterait moins cher à la collectivité.
Pour réaliser cette étude, l'Agence intermutualiste (AIM) et la Fondation registre du Cancer ont analysé les données de 25.000 patients cancéreux diagnostiqués entre 2006 et 2009 (dont les chances de survie sur 5 ans étaient limitées à 50%) et décédés avant 2010.
Il en ressort notamment qu'environ la moitié d'entre eux avaient été admis à l'hôpital au cours du dernier mois de leur existence sans pour autant que soit pratiquée une intervention importante, une chimiothérapie ou une radiothérapie. Mais cette hospitalisation est très variable d'un arrondissement à l'autre et dépend de l'offre médicale. L'étude montre ainsi clairement que l'on hospitalise plus souvent là où l'on dispose le plus de lits hospitaliers… et beaucoup moins là où les infirmiers à domicile, les généralistes et les équipes d'accompagnement multidisciplinaires sont plus nombreux.
L'étude montre ainsi clairement l'impact de l'offre de soins sur la qualité de fin de vie. Or, la très grande majorité des personnes souhaite mourir à leur domicile. C'est pourquoi le Dr Peltier recommande clairement aux décideurs de renforcer les soins palliatifs à domicile ainsi que dans les maisons de repos. D'autant plus que, comme l'avait déjà démontré les Mutualités chrétiennes, les soins pour les personnes qui décèdent à l'hôpital coûtent quatre fois plus chers lors du dernier mois que pour les personnes qui décèdent chez elle ou en maison de repos.
P.G. (avec Le Soir)
