Dans le contexte de choc démographique bruxellois, d’accroissement du nombre d’habitants du pays et de vieillissement de la population et à partir des "Perspectives de population" du Bureau fédéral du Plan*, le Secrétariat général de l’enseignement catholique, le SeGEC, a réalisé des projections de l’évolution des populations scolaires à l’horizon 2030.
La croissance des effectifs dans l’enseignement, primaire et secondaire, à Bruxelles est évaluée à 30%. En région wallonne, elle atteindra les 11,3%. Particulièrement à Liège, il faut s’attendre à une augmentation de 15% des effectifs. A la lecture de ces projections, il parait évident que l’offre scolaire devra être étendue non seulement à Bruxelles, mais également dans de nombreuses régions de Wallonie. Alors que l’enseignement se profile comme un des enjeux essentiels des prochains scrutins électoraux, l’attention des responsables politiques, souvent focalisée à juste titre sur la qualité des performances éducatives, devra donc se porter également sur les aspects quantitatifs de l’offre scolaire.
Données démographiques
Selon les projections, la population de la Belgique qui comptait, au 1er janvier 2013, 11.114.000 habitants, va augmenter d’environ 1 million d’habitants dans les quinze prochaines années pour atteindre 12,1 millions en 2030. La croissance attendue de la population s’explique principalement par la progression de l’espérance de vie (85 ans en 2030!), la reprise de la fécondité (1,98 enfant par femme en 2030), et le niveau de l’immigration internationale (60.000 migrants par an, en moyenne).
Les projections démographiques du Bureau du Plan reposent sur une batterie d’hypothèses relatives à la fécondité, l’espérance de vie et le niveau de migration, tant au plan national qu’international.
L’accroissement démographique se répartira inégalement dans le temps et entre les trois régions du pays. Entre 2012 et 2030, l’augmentation de population sera plus forte à Bruxelles (+15,4%) que dans le reste du pays (+9,4% en Wallonie, +8,5% en Flandre). Les chiffres relatifs à la tranche d’âge 0 à 14 ans mettent en lumière le choc démographique bruxellois, dont les effets seront particulièrement sensibles dans les années à venir (+15% entre 2012 et 2020).
En Wallonie, la croissance de la tranche d’âge 0 à 14 ans (+4,5% sur la période 2012-2020) est plus faible qu’en Flandre et à Bruxelles. Sur l’ensemble du territoire de la Fédération Wallonie-Bruxelles (FWB), la tranche d’âge 0 à 14 ans devrait croitre de 61.311 unités d’ici à 2020, ce qui rendra incontournable une adaptation de l’offre scolaire dans les sous-régions où l’essor démographique sera important, comme à Liège ou dans le Brabant wallon.
Dans l’enseignement supérieur
Une simulation a également été réalisée à partir des données du Bureau du Plan sur l’évolution théorique des effectifs de l’enseignement supérieur sur l’ensemble du territoire de la Fédération Wallonie Bruxelles.
Sur la base de 2010, la simulation indique que les effectifs de l’enseignement supérieur devraient connaitre une croissance de 5,6% entre 2010 et 2030. Il s’agit d’une estimation minimaliste, dans la mesure où le taux d’accès à l’enseignement supérieur devrait continuer à croitre dans les prochaines années, ainsi que la durée moyenne des études, en raison notamment du nombre plus important de masters. Rappelons également qu’entre 2000 et 2010, la population étudiante a déjà augmenté de 19,6% dans l’enseignement supérieur.
Va-t-on voir fleurir de plus en plus de constructions préfabriquées dans les cours d'écoles? Nos enfants vont-ils investir de nouveaux locaux, voire de nouveaux établissements scolaires dans les prochaines années? Nul doute que ces questions feront la part belle aux débats lors des futures élections de 2014.
CP/SB
*Perspectives de population 2012-2060, Bureau fédéral du Plan, mai 2013.
