La ville de Walcourt, perchée sur son éperon rocheux au centre de l'Entre Sambre et Meuse, est une ville tranquille où il fait bon vivre. Mais au fur et à mesure que la fête de la Trinité se rapproche, une effervescence croissante envahit la cité.
Dès le lundi de Pâques, le corps d'office des marcheurs prête serment dans les locaux de l'administration communale. S'en suit dans les rues un défilé formé de la batterie et de tous les officiers et responsables de pelotons qui se sont engagés à maintenir la tradition de la marche de la Trinité. Car c'est bien de cela dont les Walcouriens sont si fiers et si friands, c'est de leur marche Notre-Dame. Chef d'œuvre du Patrimoine oral et immatériel de la Fédération Wallonie-Bruxelles, la marche de Walcourt, comme quinze autres marches de l'Entre-Sambre-et-Meuse d'ailleurs, est reprise, en 2012, sur la liste représentative du Patrimoine Culturel Immatériel de l'Humanité de l'UNESCO.
La transmission des traditions
L'UNESCO parle, en ces termes, des marches de l'Entre-Sambre-et-Meuse: "Les marches de l’Entre-Sambre-et-Meuse sont un des éléments majeurs de l’identité culturelle des villages situé entre les rivières de Sambre et Meuse en Wallonie, Belgique. Elles commémorent la dédicace de l’église du village qui honore le Saint à qui est dédié l’édifice religieux. Le village tout entier y participe. Les processions escortées sont formées de plusieurs compagnies organisées sur un modèle militaire, chacune groupant des dizaines, voire des centaines de marcheurs. Revêtus d’uniformes militaires, les participants se rassemblent au sein d’une ou plusieurs compagnies qui escortent la procession religieuse. Une compagnie est gérée par un comité et/ou un corps d’office qui organise le déroulement de la marche et en assure le bon ordre. Les jeunes marchent aux côtés de leurs parents dans la Jeune Garde ou au sein d’autres compagnies. La transmission des traditions se fait oralement, souvent dans le cercle familial, mais aussi dans les rencontres, réunions, bals ou banquets nécessaires à l’organisation de la marche. Des dynasties de fifres et tambours ont vu le jour, qui transmettent leurs savoirs, leurs airs et leurs musiques aux nouveaux musiciens. De même, des fabricants de tambours et de fifres, des dizaines d’artisans couturiers transmettent leurs savoir-faire afin de reconstituer et créer instruments, costumes, drapeaux et accessoires. Les marches jouent un rôle clé comme facteur d’intégration, de rapprochement entre hommes et femmes d’horizons divers et de promotion d’une cohésion sociale."
Défilé militaire et pèlerinage
Bien que le point d'orgue de la Trinité soit aujourd'hui le défilé militaire du Dimanche, la Trinité reste avant tout un pèlerinage voué à la dévotion de Notre-Dame. En effet, durant plusieurs jours, les habitants de Walcourt, rejoints par beaucoup d’autres, traversent les campagnes. Ils sont très nombreux, dès le mercredi précédent le week-end de la Trinité, à emmener de chapelles en potales, Notre-Dame de Walcourt qui déserte pendant cette période la basilique Saint-Materne.
Les pèlerins sont motivés, mais doivent aussi être sportif car le trajet emprunté par la procession demande une excellente condition physique. Chaque "Grand Tour", au cours duquel la réplique de la Vierge Noire de Walcourt est emmenée, est long de plus de 7 km. Pour les marcheurs, le périple du dimanche, avec ses arrêts et détours, avoisine les 10 Km. Le pèlerinage est bien sûr l’occasion de se souvenir de l’histoire de Notre-Dame de Walcourt qui est priée pour protéger des incendies et qui serait aussi à l’origine de bien des guérisons. Il rassemble les croyants comme les non-croyants. Les premiers prient ou se recueillent. Les autres en profitent pour discuter le long du périple. Pour chacun, c’est un temps de complicité, de convivialité dans le paysage verdoyant des campagnes walcouriennes.
Latrinite.be/SB

