Serge Thiry: un « irrécupérable » touché par la rédemption


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Serge Thiry: un « irrécupérable » touché par la rédemption
Par Pierre Granier
Journaliste de CathoBel
Publié le - Modifié le
2 min

A 57 ans, Serge Thiry a passé plus de la moitié de sa vie derrière les barreaux. "Irrécupérable" disait-on de lui quelques mois avant sa libération conditionnelle en 2004. Comment ce braqueur de légende a-t-il pu changer de route et sortir des murs ? Comment est-il devenu ce chantre des mal-aimés dont les jeunes d’un peu partout écoutent, fascinés, le témoignage ? L'homme raconte son parcours dans un livre,"Extra-Muros", qui pose aussi des questions essentielles, dérangeantes sur l’utilité et l’avenir de nos prisons. Interview.

 

- Comment êtes-vous entré dans la délinquance ?

- J'ai été ce qu'on appelle un délinquant classique. Ça ne se passait pas bien dans ma famille. Mes parents avaient l'idée de me donner à une autre famille, mais ces gens se sont tués en voiture, ce qui les a contraints à me garder. Je n'avais donc pas ma place dans cette famille et je n'ai pas reçu ce qu'un enfant peut espérer de la part de ses parents: de l'amour, de la tendresse, de l'affection. J'ai toujours vu mon père battre ma mère. Il s'est d'ailleurs retrouvé en prison pour tentative de meurtre après lui avoir donné quatre coups de couteau. Ma seule échappatoire à cette violence, c'était traîner dans la rue. Dans les institutions d'accueil pour mineur, j'ai connu la maltraitance; chez les scouts j'ai vécu l'abus. Il n'y a que dans la rue que je me suis senti valorisé. Ça m'a mis sur un chemin qui n'était pas le mien. Mon premier délit a été de voler de l'argent destiné au laitier pour m'acheter des bonbons et pouvoir les partager. L'admiration dans les yeux avec mes copains m'a plu et ça a été le déclic: j'étais reconnu en tant que voyou. Après ça, tout s'est enchaîné. A 13 ans, la police me recherchait déjà pour vol de bagnole et pour cambriolage. A 18 ans, j'ai volé des armes dans un commissariat et je m'en suis servi pour des braquages dans des hôtels de luxe.
(...)

Retrouvez la suite de l'article dans le journal "Dimanche" (édition du 21 avril), disponible via la boutique en ligne

Catégorie : L'actu

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